Marseille : Capitale européenne de la culture pour tous ?

Publié le 03/06/2013
Marseille
 

La cité phocéenne organise, durant l’année 2013, de nombreux événements en tant que Capitale européenne de la culture. L’événement a permis aux associations accompagnant les plus démunis de développer l’accès à l’art et à l’expression culturelle pour les personnes qu’elles suivent.

Le 12 janvier, Marseille et les villes voisines ont célébré avec éclat l’ouverture de l’année “Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture”. Expositions, concerts, spectacles de cirque… la région accueillera jusqu’en décembre de nombreuses productions culturelles et artistiques.

7 000 invitations aux principales expositions publiques pour les personnes démunies

Seront-elles accessibles à tous, même aux plus démunis ? « On a senti une vraie attention de la part des organisateurs envers les publics qui n’ont pas facilement accès à la culture », observe Sylvie Chanal, directrice adjointe de Cultures du cœur 13.

Depuis dix ans, cette association [1] vise à informer les acteurs sociaux de l’utilité des propositions culturelles dans l’accompagnement social des personnes en précarité. Elle négocie aussi des places gratuites pour que ces travailleurs sociaux les proposent à leurs publics. « Marseille-Provence 2013 nous a proposé un partenariat prenant en compte ces deux axes de travail, ajoute Sylvie Chanal. Nous avons reçu 7 000 invitations aux principales expositions publiques et nous avons été mandatés pour organiser huit journées de sensibilisation des acteurs sociaux. » Entre mai et juin 2012, près de 260 professionnels ont découvert le programme de l’année culturelle 2013 et les moyens de l’utiliser dans leur travail quotidien.

Les organisateurs ont noté que l’accès à la culture dépend de la possibilité de venir mais aussi de comprendre les œuvres présentées : la plupart des expositions du programme officiel prévoient la présence d’un médiateur sur place, pour expliquer les créations.

Une caravane de la fraternité

Il y a trois ans, le Secours Catholique avait déposé un projet auprès de Marseille-Provence 2013 pour promouvoir les productions artistiques des plus démunis. « L’annonce de l’ouverture de Marseille-Provence 2013 a été l’occasion, au sein de la délégation, de lancer une réflexion importante : comment amener ceux que l’on accompagne à avoir des lieux d’expression culturelle ? se rappelle Alexandre Bosc, animateur réseau à Marseille. Sans réponse des organisateurs, nous avons quand même fait vivre le projet. Nous avons développé des propositions culturelles dans les accueils de notre réseau et avons organisé deux festivals “Caravane de la fraternité” en 2011 et 2012. »

Finalement, le Secours Catholique participera au programme officiel de Marseille-Provence 2013 en partenariat avec le diocèse, lors du Parvis du cœur organisé le samedi 7 juin. À cette occasion, la délégation prévoit de mettre les petits plats dans les grands : « Une chorale que l’on a créée dans un de nos accueils proposera des concerts toute la semaine précédente. Le samedi, une grande parade avec les réalisations des personnes que l’on suit – et elles-mêmes, on l’espère – descendra la Canebière. Un grand repas sera proposé à toutes, avec un village d’ateliers artistiques », annonce l’animateur.

Marseille-Provence 2013 fait des émules

Pour lui, l’intérêt de Marseille-Provence 2013 n’est pourtant pas dans la sélection finale des projets de l’année. L’émulation autour de cette année “Capitale européenne de la culture” a entraîné une prise de conscience de l’intérêt de la culture. La chorale d’une dizaine de personnes, bénévoles et accueillis, de l’antenne du Secours Catholique des Carmes, l’atelier d’arts plastiques pour les petits qui patientent avec leurs parents dans l’accueil de jour du Merlan, par exemple, sont autant de projets qui ne sont pas vécus comme des éléments de Marseille-Provence 2013 mais qui en sont le fruit.

« On ne devient pas capitale européenne de la culture parce que l’on est une ville bien équipée et bien engagée dans l’expression culturelle des citoyens, conclut Alexandre Bosc. Ce label sert de tremplin pour que des idées naissent, que les regards changent sur l’importance de l’accès à la culture. C’est exactement ce qui s’est produit jusque-là. C’est pour cela que nos projets culturels continueront au-delà de 2013. »

Notes:

[1] Cultures du cœur est une association nationale existant depuis quinze ans, organisée en branches départementales créées à différentes dates.

Sophie Lebrun
©Romain Beurrier/Wostok Press/Maxppp
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