Une famille népalaise accompagnée par Caritas

Népal : le Secours Catholique engagé dans la reconstruction

Publié le 21/04/2016
Népal
 

Reconstruire durablement

8 700 personnes tuées, des centaines de milliers à la rue, 500 000 maisons détruites, près de 300 000 endommagées, 8 millions de Népalais affectés sur 28 millions : un an après les séismes du 25 avril et du 12 mai, le Secours Catholique et le réseau Caritas Internationalis restent mobilisés pour une reconstruction durable.

« Une cinquantaine de membres du réseau Caritas Internationalis, parmi lesquels le Secours Catholique-Caritas France, ont apporté leur aide aux sinistrés en 2015, soulignait en décembre dernier le père Pius Perumana, alors directeur de son homologue népalaise. Nous avons pu immédiatement parer au plus pressé : distribution de toiles de tente, couvertures, nourriture, ustensiles de cuisine, lampes solaires… » Caritas Népal a ainsi soulagé la détresse de 1,2 million d’habitants.

Après l’aide d’urgence, la réhabilitation. Caritas Internationalis a fixé une priorité : face aux milliers de personnes encore sans abri ou vivant dans un habitat précaire au cœur de l’Himalaya, sur le "toit du monde", « notre objectif est de fournir à terme aux Népalais une offre de logements de qualité. » De 2016 à 2018, le réseau Caritas va mobiliser 36,4 millions d’euros, par le relai de son antenne népalaise, pour accompagner la reconstruction dans les 15  zones touchées par la catastrophe.

Caritas Népal fera tout pour que les habitants dans le dénuement depuis le tremblement de terre rebâtissent eux-mêmes des maisons respectant les normes antisismiques, rétablissent l’accès à l’eau potable et au système sanitaire, reconstituent leurs moyens de subsistance et soient en mesure de surmonter l’état de stress post-traumatique en cas de nouvelles tragédies.

Des ruraux et des citadins seront formés aux métiers d’ingénieurs, maçons, superviseurs et artisans pour mener à bien ce « Programme triennal de reconstruction des habitats par la population », auquel le Secours Catholique  contribue en 2016 à hauteur de 400 000 euros : réalisation de 3 000 maisons antisismiques, de 3 000 toilettes, développement du traitement des eaux usées et remise en marche des systèmes d’adduction d’eau.

 

Toiles de tente, couvertures, nourriture, ustensiles de cuisine, lampes solaires… ». Depuis un an, 1,2 million d’habitants ont été aidés par le réseau Caritas.

 

Après l'urgence, le développement

Le programme organisé de 2016 à 2018 par Caritas Népal avec l’appui du Secours Catholique dans les 15 régions du pays est multiforme. Le volet agricole prévoit  la distribution de semences à 2 000 ménages (9 068 bénéficiaires). L’activité "Argent contre travail" permettra, d’une part, de rémunérer pendant 15 jours des habitants des zones rurales dépourvus de revenus, d’autre part, de réhabiliter des routes et des ponts. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation destinée à réduire, autant que possible, les risques liés aux catastrophes naturelles va être lancée. Les villageois vont établir une carte des risques, mettre en place des plans d’évacuation, voire un système d’alerte précoce en cas d’inondations.  

 

Népal, la reconstruction en images

Népal, la reconstruction en images
Népal

La reconstruction en images

 

Une maison parasismique pour Thiramaya, 103 ans

Le jour du tremblement de terre au Népal en 2015, Thiramaya Garti Chetri était couchée seule sur un matelas devant sa maison, alors que sa fille travaillait aux champs.

 

 

Thiramaya a 103 ans et vit à Thokarpa-7, Sindhupalchowk. Le 25 avril 2015, elle a entendu un bruit très fort et elle a d’abord cru que c’était un hélicoptère qui volait très bas au-dessus de sa maison – ce qui sortait de l’ordinaire. Elle n’est plus capable de se déplacer par ses propres moyens, ce qui fait que ce sont des amis qui la transportent d’un endroit à l’autre. Malgré cela, elle a tenté en claudiquant de voir cet hélicoptère. C’est à ce moment que sa maison s’est effondrée. Elle a tout de suite compris qu’elle venait de survivre à un tremblement de terre.

Quelques jours après ce séisme, Caritas a lancé un appel d'urgence de 2,6 millions d’euros afin de trouver des fonds pour aider les personnes comme Thiramaya à s’en sortir après ce désastre. Ce dont les gens avaient le plus besoin, c’était d’un abri, sous une forme ou une autre. Soit parce que leur maison s'était effondrée ou avait été endommagée, soit parce qu’ils avaient trop peur de dormir à l’intérieur suite à l’éventualité d’une nouvelle secousse qui l’aurait fait s’effondrer, les gens bravaient les éléments et dormaient dehors.

Abri temporaire

Thiramaya a eu beaucoup de chance dans ce tremblement de terre de 2015 qui a fait 9000 morts, mais elle y a perdu sa maison et beaucoup de ses biens. Caritas a distribué des couvertures, des matelas, des kits de cuisine, des pastilles de purification de l’eau et des articles d’hygiène personnelle peu après la catastrophe. On lui a aussi fourni des plaques de tôle ondulée pour se faire un abri temporaire.

 

Mon seul rêve aujourd'hui : avant ma mort, voir la maison de ma fille reconstruite.

Thiramaya

En novembre 2015, Caritas a lancé un programme de 23 millions d’euros afin d’aider les Népalais à reconstruire leur vie. Courant sur trois ans, ce programme vise à tout faire pour aider les Népalais à retrouver une vie stable en leur fournissant des abris, de l’argent contre du travail, en rétablissant l’approvisionnement en eau et les installations sanitaires et d’hygiène. L’accent est aussi mis sur la sécurité avec un investissement dans l’édification de la résilience des communautés face aux catastrophes à venir et une formation sur les questions de protection.

Souvenir du séisme de 1934

Thiramaya est une survivante à plusieurs points de vue. Elle a survécu à son mari, qui avait aussi une femme plus jeune elle aussi décédée, ainsi qu’à un de ses fils. Ce n’est pas son premier tremblement de terre. Elle se rappelle de la destruction massive provoquée par le séisme de magnitude 8.0 au Népal-Bihar en 1934.

Elle est reconnaissante pour l’aide qu’elle a reçue de Caritas, mais elle n’a qu’un souhait : « Avant de mourir, si je pouvais voir une maison reconstruite pour ma fille, j’en serais très heureuse et je pourrais reposer en paix. »

Yves Casalis - Samin Koirala (Caritas Népal) - Jacques Duffaut
Crédit Photo : Matthieu Alexandre/Caritas Internationalis
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