Participation : réenchanter la solidarité avec les personnes en situation de précarité

Publié le 23/01/2015
Participation : réenchanter la solidarité avec les personnes en situation de précarité
 

Alors que le pacte social se délite et que les inégalités se creusent, le Centre de recherche et d’action sociales (CERAS) invite à “réenchanter la solidarité”, thème de son colloque annuel qui se tiendra lundi 26 janvier à Paris. Des personnes accueillies par le Secours Catholique iront témoigner de leur expérience.

Pacte social en déliquescence, accroissement des inégalités, remise en cause de l’État providence… Face à ces constats, le Centre de recherche et d’action sociales (CERAS) propose d’explorer le champ des réponses possibles et de valoriser les innovations culturelles, sociales, écologiques, qui mettent l’humain au cœur de leurs préoccupations.

« Le colloque vise à interroger la solidarité telle qu’elle est mise en œuvre aujourd’hui : ce qu’elle permet ou non, ce qu’il faudrait inventer pour qu’elle soit plus efficace et permette aux personnes subissant des situations de pauvreté d’être mieux reconnues et de pouvoir vraiment prendre toute leur place dans la société et dans l’Église », détaille Jean-Marc Boisselier, responsable du département Accompagnement et Formation du Secours Catholique. « Il était impensable d’aborder une telle question sans demander aux principaux intéressés ce qu’ils en pensaient eux-mêmes, sans les associer à cette réflexion. »

Trois groupes de personnes accueillies par le Secours Catholique participeront donc à cette session. Parmi eux, les “Fous d’art solidaires”, un groupe de Créteil qui, chaque semaine, fédère des personnes en grande difficulté autour d’activités artistiques et culturelles. « Photo, écriture, sculpture, peinture, sorties dans des musées… Nous goûtons à tout ! », précise Marie-Thérèse, à l’origine de cet atelier. « Le groupe, composé de personnes handicapées, physiques ou psychiques, est très soudé. Cinq personnes iront témoigner au colloque. On a répété, défini comment on entrera en scène, ce que chacun va dire, sous quelle forme… Tous sont très contents. Ils veulent être écoutés et entendus. »

« L’Escalator marche à l’envers »

La préparation de cette intervention a donné lieu à des échanges sur les ressentis et espoirs de chacun. « La solidarité existe, mais sous forme de redistribution de miettes, sans que nous ne soyons jamais vraiment invités au repas », estime Benoît. « L’Escalator social marche à l’envers ! On a parfois l’impression qu’il descend plus vite qu’on n’arrive à le remonter, surtout quand on est déjà pas mal cassé », souligne de son côté Cyril. « Ça serait bien qu’il y ait beaucoup plus de groupes comme ça… mais ça ne suffira pas forcément pour faire repartir l’Escalator dans l’autre sens », ajoute Soraya.

« La résilience selon Boris Cyrulnik passe par l’art, la parole et le militantisme : on est dans les trois », se félicite Marie-Thérèse. « Hier, une personne du groupe a dit : “je sens que je deviens normale”. Ils guérissent, se réinsèrent dans la société par la culture. »

Marina Bellot
Crédits photos: © Yann Castanier l hanslucas.com / Secours Catholiqe
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