Pauvreté : en finir avec la stigmatisation

Publié le 02/07/2012
France
 

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a reçu une dizaine d’associations autour d’une table ronde, lundi 2 juillet. Le Secours Catholique était l’une d’elles.

Le gouvernement veut « en finir avec un discours de stigmatisation vis-à-vis de ceux qui sont en situation de pauvreté et d’exclusion », a déclaré Mme Touraine à l’issue d’une table-ronde avec une dizaine d’associations du secteur, parmi lesquelles le Secours Catholique.

Elle a aussi affirmé que le terme « assistanat » était désormais à proscrire, au profit des mots « accompagnement » et « insertion ».

« C’en est terminé de jouer sur les peurs », a renchéri la ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti.

À une semaine de la conférence sociale, le gouvernement a voulu éviter que « les exclus soient laissés de côté », a-t-elle poursuivi, ajoutant que la réunion de lundi avait permis d’esquisser une « feuille de route » d’une politique interministérielle. Son leitmotiv a été clair : déclarer la guerre, non pas à la pauvreté mais aux conditions qui la provoquent.

Deux pistes de travail

Deux pistes de travail sont pour le moment sur la table : « l’effectivité des droits » puisque par exemple, les deux tiers des personnes qui auraient droit au Revenu de solidarité active (RSA) activité (versé en plus d’un petit salaire) ne le demandent pas, par méconnaissance ou effrayés par la complexité du dispositif.

L’autre sujet de discussion porte sur la répartition des rôles entre les collectivités locales, les Conseils généraux et l’État, avec la nécessité de désigner un chef de file par niveau d’intervention.

Une vision et des projets largement approuvés par François Soulage, président du Secours Catholique qui participait cette table-ronde. « Nous militons pour la mise en place d’un comité interministériel qui serait rattaché à Matignon, ainsi que pour la hausse des minima sociaux », a-t-il déclaré. Le président du Secours Catholique se réjouit en outre de l’annonce imminente d’un plan pluri-annuel de lutte contre la pauvreté

Marisol Touraine a d’ailleurs indiqué qu’elle n’était « pas certaine » qu’il faille fixer un objectif chiffré de baisse de la pauvreté comme l’avait fait Nicolas Sarkozy, qui voulait réduire d’un tiers le taux de « pauvreté ancrée dans le temps ».

La fin du taux de pauvreté ancrée dans le temps

À cet égard, elle a annoncé la suppression de cet indicateur largement contesté par les associations.

Selon cet indicateur, la pauvreté était de 11,8% de la population en 2009 tandis que, selon celui de l’Insee (pauvreté relative), elle atteignait 13,5%. Concrètement, 8,2 millions de personnes vivaient avec moins de 954 euros par mois.

Mme Touraine a en outre confirmé la suppression prochaine du droit d’entrée pour l’Aide médicale d’État, actuellement fixé à 30 euros par an, une aide destinée aux étrangers irréguliers. Là encore, une décision saluée par les associations.

En 2011, 220.000 personnes ont bénéficié de l’AME pour un coût global de 588 millions d’euros, contre 75 millions d’euros en 2000, date de sa création.

En attendant la tenue d’une conférence sociale à l’automne, François Soulage, compte défendre l’idée d’une réforme du RSA pour sa partie activité, qui selon lui, « maintient la personne dans une forme d’assistanat. » Il préconise quant à lui la mise en place d’un « système assurantiel », qui fonctionnerait un peu sur le mode des allocations chômage.

 

(avec AFP)
©Christophe Petit Tesson/MAXPPP
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