Philippines : « Les besoins sont et seront énormes ! »

Publié le 13/11/2013
Philippines
 

Sébastien Dechamps, responsable des urgences internationales au Secours Catholique, analyse la catastrophe causée par le typhon Haiyan aux Philippines et ses conséquences sur le pays.

Pour un spécialiste des urgences, la catastrophe vécue par les Philippins est-elle particulière ?

Le typhon a touché un pays habitué et bien préparé aux catastrophes naturelles. Donc, le nombre de victimes très élevé indique combien la crise est grave. Les communautés ont été, pour la plupart, averties à l’avance de l’arrivée du typhon. Elles ont eu le temps de se protéger autant que possible. Un typhon est prévisible plusieurs heures – voire plusieurs jours à l’avance – contrairement à un tremblement de terre.

Un des facteurs aggravants est que la catastrophe a touché une zone victime d’un séisme quelques semaines auparavant. Et donc, des infrastructures et des logements étaient encore abîmés ou précaires. La nature même du territoire philippin est très spécifique : un archipel d’une multitude d’îles entre lesquelles les communications sont, par nature, plus compliquées que sur un territoire continu couvert par un réseau routier.

Peut-on faire un parallèle avec le tsunami de 2004 ou une autre catastrophe ?

Les catastrophes sont toutes uniques. Il n’y a pas d’échelle de gravité possible pour les personnes et les communautés affectées. C’est toujours le drame absolu, la mort et la désolation. On peut cependant trouver des similitudes avec le tsunami de 2004, notamment les images de désolation de zones côtières ravagées par des vagues géantes.

Les besoins à couvrir seront également assez similaires : abris, nourriture, eau et assainissement, reconstruction dans la durée, réduction des risques futurs…

En termes d’ampleur et aussi d’impact médiatique, le tsunami, puis le séisme à Port-au-Prince, resteront des « marqueurs » et des symboles difficiles à dépasser dans la conscience collective. Le montant des sommes collectées et mises en œuvre lors de ces deux catastrophes naturelles ne sera sans doute pas atteint par la crise actuelle aux Philippines.

Toutefois, les besoins ici sont et seront immenses : la catastrophe a touché des communautés déjà vulnérables, les travaux de reconstruction de logements et d’infrastructures, ainsi que l’accompagnement vers un rétablissement des activités économiques familiales, seront très longs et coûteux. Pour mémoire, la plupart des acteurs humanitaires actifs après le tsunami se sont engagés sur des projets de trois à cinq ans minimum, et il en sera de même aux Philippines.

Quelle est la force du Secours Catholique pour répondre à cette urgence ?

La force et les atouts du Secours Catholique-Caritas France pour répondre à cette urgence sont propres à ceux du réseau Caritas dont il fait partie : une Caritas nationale sur place, bien organisée et préparée, présente dès les premières heures auprès des victimes grâce à son réseau d’antennes diocésaines et paroissiales. Rappelons que les Philippines sont un pays majoritairement catholique, donc l’Église y dispose d’un réseau capillaire exceptionnel, et bien préparé à ce type d’interventions.

La solidarité mondiale du réseau est aussi un atout : des ressources financières sont rapidement mobilisées de par le monde, de même que des appuis techniques et humains proposés par de nombreuses Caritas du Nord comme du Sud. Cela dit, Caritas ne peut agir seule, elle est reconnue comme un acteur légitime et crédible, et s’inscrit dans les mécanismes de coordination pilotés par les Nations unies, en lien avec les autorités locales et les autres acteurs humanitaires.

Si vous souhaitez donner pour les Philippines, merci d’adresser vos dons à Secours Catholique - 106, rue du Bac, 75007 Paris - avec la mention « Philippines » ou cliquez sur la bannière ci-dessous pour effectuer votre don en ligne.
 

Jacques Duffaut
Crédits photos: © Élodie Perriot/Secours Catholique
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