Seine-Saint-Denis : le Secours Catholique investit les quartiers

Publié le 27/02/2015
Seine-Saint-Denis
 

Alors que le Secours Catholique réalisait en 2012 une étude alarmante sur la pauvreté en Seine-Saint-Denis, l’association lance dans la foulée une opération baptisée "démarche quartiers" afin d’aller vers les habitants les plus délaissés du département et de monter, avec eux, des projets qui répondent à leurs besoins. Tour d’horizon (non exhaustif) avec Tidiane Cissoko, animateur de réseau de solidarité dans le nord du 93.

À Dugny

« Le quartier Langevin, très étendu, date des années 70 et n’a jamais été réhabilité. Les liens entre les habitants y étaient quasi-inexistants. Nous leur avons soumis un questionnaire pour sonder leurs besoins et envies. Il en est ressorti un manque de soutien scolaire et de cours d’alphabétisation.

Le Secours Catholique a commencé par mettre en place des cours de Français langue étrangère (FLE) donnés par un habitant du quartier, dans des locaux prêtés par la paroisse. Les cours ont tout de suite été très suivis. Des femmes de la cité qui suivaient cet atelier FLE ont alors souhaité monter une association entre elles pour mettre en place du soutien scolaire. On a accompagné leur démarche, et noué un partenariat avec elles : nous les aidons sur la mise en place de méthodes d’accompagnement scolaire, plus la mise à disposition du matériel. De très jeunes mamans y participent. »

À Tremblay-en-France

« L’équipe locale de Tremblay est implantée au cœur de la cité du centre ville, mais avait des difficultés à nouer des liens durables avec les habitants. Nous sommes partis d’une réalité : les habitants d’une maison de retraite voisine venaient prendre le thé et le café pendant les heures de permanence pour discuter avec les bénévoles. Pourquoi ne pas en profiter pour monter, ensemble, des activités ? On a rencontré la directrice de la maison de retraite, qui s’est montrée enthousiaste. Courant 2014, les bénévoles intéressés par la démarche ont mis en place des temps conviviaux avec les résidents. Lors des premières rencontres, ils ont donné des cours de percussions autour de contes préparés par les résidents. En ce moment, le projet évolue vers des temps festifs et du théâtre. »

À Stains

« Dans le quartier du Clos Saint Lazare (réputé pour être particulièrement violent), la paroisse a accepté de mettre à disposition du Secours Catholique deux salles dans les locaux de la Chapelle. Au fur et à mesure des réunions, les paroissiens ont ciblé leur intérêt pour en arriver à la constitution d’un groupe de convivialité le mercredi après-midi. Puis ils se sont ouverts aux autres habitants de la cité. En parallèle, un projet d’accompagnement scolaire se développe, pour accueillir les enfants du quartier le mercredi après-midi. On essaie notamment d’impliquer les familles roms qui vivent dans un bidonville voisin, afin que les enfants puissent bénéficier de ces cours. La mise en place d’une activité de Français langues étrangères est aussi en cours d’étude. »

Sur l’Ile Saint Denis

« C’est une ville qui compte beaucoup de quartiers sensibles et peu d’associations. Après discussion avec les différents acteurs de la ville, l’équipe a décidé de s’implanter dans le quartier Marcel Paul, un quartier isolé du centre-ville, connu pour être un lieu de stockage et de vente de drogue. De fait, les habitants se sentent plus proches de la ville voisine, Saint Ouen. Après plusieurs échanges avec la mairie, une salle dans le quartier a été mise à disposition du Secours Catholique.

Une permanence voit le jour, permettant de nouer des contacts avec les habitants autour de moments conviviaux, afin de les impliquer dans la mise en place d’activités. Nous avons eu le soutien de l’amicale des locataires, et la Mairie a réalisé un encart sur la permanence dans le journal municipal ainsi qu’un appel à bénévolat. »

Marina Bellot
Crédits photos: © Marc Menou/MaxPPP
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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