Seine-Saint-Denis : une semaine avec la communauté Rom

Publié le 11/07/2013
 

En 2012, Angélique est allée à la rencontre de la communauté Rom de Seine-Saint-Denis dans le cadre du programme Vacances solidaires du Secours Catholique. Une expérience marquante pour cette jeune bretonne.

« Depuis un petit moment déjà, on parle beaucoup des Roms dans l’actualité, je me posais moi aussi des questions sur eux mais j’avais surtout des préjugés. Lorsqu’on m’a proposé de partir pendant une semaine en Seine-Saint-Denis (93), dans le cadre des Vacances solidaires, et d’aller à la rencontre des Roms et des demandeurs d’asile, j’ai pourtant accepté. C’était le moyen idéal d’en apprendre davantage !

Je suis arrivée sur place lundi 9 juillet 2012. On était cinq jeunes des Vacances solidaires (trois Parisiens, un jeune d’Angers en service civique au Secours Catholique d’Angers et moi) et quatre accompagnateurs : un éducateur, une animatrice, une personne responsable et une bénévole en service civique au Secours Catholique de la Seine-Saint-Denis.

Dans leur pays d’origine, les Roms sont aussi victimes de discrimination

Dès l’après-midi nous nous sommes rendus au centre d’insertion de Montreuil sur un terrain alloué par la mairie. Un peu plus de 1000 m² pour 56 caravanes et 130 personnes. Nous n’avons rencontré que 60 personnes environ, car la majorité était retournée en Roumanie pour l’été. Avec les Roms nous avons joué à divers jeux, d’intérieur et d’extérieur, on s’est promenés dans des parcs publics, on a fait des barbecues. On a participé à une sortie en bateau-mouche à Paris : on était une quarantaine de personnes (enfants et quelques adultes roms).

[…] J’ai compris qu’il est très difficile pour [les Roms vivant en France] de travailler à cause des mesures transitoires mises en place par [le législateur] [des mesures un tout petit peu assouplies en août 2012] ; ils vivent donc de petits boulots, de récupérations, de musique, de mendicité… Nous avons beaucoup parlé avec eux : ils sont venus en France en espérant offrir un avenir à leurs enfants, car dans leur pays d’origine (Bulgarie, Roumanie), ils sont victimes de discrimination. J’ai également été très impressionnée par la joie, la gaieté des femmes du camp.

Des cours de français dispensés par la délégation

Lors des permanences organisées par le Secours Catholique, nous avons aussi rencontré les demandeurs d’asile venant d’un peu partout dans le monde (Bangladesh, Pakistan, Sri Lanka, Thaïlande…) : ils ont dû quitter leur pays car ils y étaient en danger (guerres de clans…). Nous étions là pour distribuer le courrier aux 1 800 personnes domiciliées à la délégation et les faire patienter avec des jeux (Mikado, cartes, jeu de dames…), car la délégation propose, durant ces après-midi, des cours de français par petits groupes, de l’aide pour lire le courrier, pour compléter les papiers officiels…

Malheureusement pour moi, la barrière de la langue m’a empêchée de beaucoup parler avec eux (je parle très mal l’anglais). J’ai appris que lorsqu’ils souhaitent faire une demande d’asile, ils doivent envoyer une lettre en expliquant leur histoire et surtout ce qu’ils risquent s’ils retournent dans leurs pays… C’est extrêmement difficile pour eux, car la plupart ne parlent pas français et ils doivent souvent recommencer deux ou trois fois car la demande leur est refusée ! Enfin tout cela est vraiment très compliqué pour eux !

Ma semaine est ainsi passée très vite, je dois même vous dire que j’étais déçue de devoir rentrer et de quitter tout le monde. Et si j’avais l’occasion de renouveler cette expérience, je le referais avec joie ! »

Retrouvez le témoignage d’Angélique sur le site de la délégation du Secours Catholique du Finistère. Et retrouvez toutes les actions du Secours Catholique de Seine-Saint-Denis sur son site web.

Angélique
Crédits photos: © Secours Catholique
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