Solidarité : fêter Noël autrement

Publié le 23/12/2014
France
Solidarité : fêter Noël autrement
 

Le père Dominique Fontaine, aumônier national du Secours Catholique-Caritas France, revient sur l’importance de faire de Noël la fête de la “relation à l’autre” et de la solidarité avec les plus démunis. Retrouvez son texte et ceux d’autres témoins d’un “Noël autrement pour tous”, sur le site noel.catholique.fr.

La joie de Noël est offerte à tous. Mais elle est parfois recouverte par le tumulte de fêtes de fin d’année, des préparatifs et courses à terminer. Et si le vrai partage et cadeau de Noël se situait dans la relation avec les autres ?

Quand l’enfant paraît… Quand une naissance arrive dans une famille, on envoie un SMS à tout le carnet d’adresses avec une photo du nouveau-né. On voudrait annoncer la nouvelle au monde entier ! Dans l’Évangile, c’est la même chose. Les anges veulent annoncer la naissance de Jésus au monde entier. Noël est une fête de la joie. Et l’ange précise : « Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple. » Car la joie ne peut être vraie que si tout le monde peut la vivre.

Annoncer Noël à tous

C’est peut-être pour cela que les premiers à qui elle est annoncée sont des bergers. Ces hommes pauvres vivaient en marge des villes, ils étaient souvent mal vus, soupçonnés d’être des “voleurs de poules”. C’est à eux que la nouvelle est annoncée d’abord. Sinon ils risquaient d’être oubliés, de rester en marge. Les santons de Provence disent bien cela : c’est tout le village dans sa diversité qui est invité à la crèche.

Comment donc vivre Noël en évitant que des personnes restent seules, isolées, oubliées ? Sinon ce ne serait plus vraiment Noël. Comme d’autres associations, le Secours Catholique-Caritas France sait bien que le vrai partage de Noël se situe avant tout dans la relation et pas dans la dimension mercantile et de consommation. C’est la chaleur de la relation avec les autres que nous cherchons tous à cette occasion. Les cadeaux ne sont vrais que s’ils sont un signe de cette relation.

À Noël, aiguiser mon regard et mon écoute

Il existe de multiples possibilités d’entrer en relation à Noël : porter avec les équipes du Secours Catholique des colis aux détenus de la prison, participer à des repas où la table est ouverte aux personnes seules, participer à des maraudes auprès des personnes sans abri. On peut organiser une animation musicale dans le métro ou dans des lieux publics, comme le proposent les jeunes de la Mission de France, on peut proposer du covoiturage pour emmener des personnes à la messe de Noël ou à un repas de fête…

Il y a aussi des initiatives toutes simples. Au lieu d’envoyer le même message de vœux à tout mon carnet d’adresses, je peux prendre le temps d’écrire une carte personnalisée à quelques personnes que je sais être seules à Noël, ou de téléphoner un peu longuement à tel ou tel. Il s’agit d’aiguiser mon regard et mon écoute.

Dans les transports en commun, au lieu d’écouter ma musique ou de lire mon journal, je peux tout simplement regarder les gens, échanger un sourire avec quelqu’un dont le regard croise le mien, me risquer à saluer quelqu’un que je ne connais pas.

Il faut savoir aussi, et c’est peut-être l’essentiel, que tous ont envie de pouvoir donner à l’occasion de Noël. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », disait Jésus (Actes des Apôtres 20,35). Souvent des personnes, même très pauvres, voudraient pouvoir elles aussi faire un cadeau, en signe de leur désir de relation. Est-ce que je suis ouvert à la réciprocité dans la relation ? Telle est la condition de la vraie joie. La joie de Noël annoncée aux bergers.

 

 
Dominique Fontaine, aumônier du Secours Catholique
© David Metra/Secours Catholique
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