Synode : l’Église doit être “une famille des familles” pour les plus précaires

Publié le 03/10/2014
 

Du 5 au 19 octobre, une assemblée extraordinaire du Synode des évêques se tiendra à Rome. Les quelque 200 participants s’interrogeront sur le thème “les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation”.

Du sens du mariage à la vie spirituelle des familles en passant par la contraception et les divorcés remariés, les pères synodaux invités par le Vatican vont se pencher, du 5 au 19 octobre, sur la famille. L’objectif : clarifier les positions et réfléchir à de nouvelles propositions pastorales autour cet enjeu majeur de la vie de l’Église catholique et de la société.

Pour Brigitte Alsberge, responsable du département Solidarités familiales du Secours Catholique, ils devront veiller à prendre en compte les réalités vécues par les familles les plus pauvres. « En général, on ne parle des familles en précarité que pour souligner les problèmes qu’elles rencontrent – en couple ou dans l’éducation de leurs enfants. Or elles sont comme les autres, elles ont autant d’envie de réussite ou d’une vie de famille de qualité. Seulement, la pauvreté fragilise la vie de famille. »

Comment avoir du respect pour ses parents quand personne dans la société ne leur en témoigne ? Comment faire face au regard de l’autre quand on « ne rentre pas dans les cases », comme nombre de familles peuvent parfois le ressentir ? Comment être à l’écoute de son conjoint, patient et mesuré, au cœur de mauvaises conditions de vie et de situations financières difficiles ?

Dans une société où la pauvreté touche de plus en plus de familles, l’urgence pour le Secours Catholique est que « le premier soutien puisse venir d’une paroisse désignée comme une famille des familles, et que ce soutien soit considéré comme le cœur de la pastorale renouvelée ». Ouverte et sans jugement.

Un travail en amont de toutes les communautés catholiques

L’an dernier, les catholiques du monde entier ont été consultés sur leur rapport à la famille et au mariage. Des milliers de réponses ont été transmises au groupe en charge d’organiser le synode. Elles ont nourri le document préparatoire de la rencontre, l’Instrumentum laboris, publié par le Vatican en juin.

Dans celui-ci, la précarité des familles a été prise en compte : « Dans les cas de pauvreté extrême et croissante, la famille doit lutter pour sa subsistance et cela absorbe la majeure partie de ses énergies. Plusieurs observations demandent une parole prophétique forte de l’Église vis-à-vis de la pauvreté qui met durement à l’épreuve la vie familiale. » Plusieurs Caritas dont le Secours Catholique-Caritas France ont aussi envoyé une contribution pour mettre en lumière les réalités des familles qu’elles croisent. Le Secours Catholique a souhaité insister sur le besoin de confiance que ressentent les personnes en précarité et l’importance que l’Église soit, pour elles, un carrefour ouvert.

Confiance

Au-delà des moyens matériels, conseils divers ou augmentation des compétences qui sont nécessaires, la première attente des familles en précarité est la reconnaissance, la confiance, l’amitié et les liens avec les autres, note le Secours Catholique dans ses propositions au synode. Elles aspirent à être comme tout le monde, à être considérées non pas comme des personnes à aider mais comme des citoyens à part entière, membres d’une société qui leur laisse une place réelle.

Ouverture

Comment sommes-nous frères avec nos différences ? Regardons-nous d’abord la structure familiale ou ce qui est réellement vécu, porté, transmis au sein de la famille ? Quelle parole portons-nous en Église pour la défense des plus pauvres et la prise en compte juste, dans la société, de toutes les familles et de tous les enfants ? Quand le Secours Catholique a présenté ces questions lors de la démarche Diaconia, les attentes formulées vis-à-vis de l’Église appelaient la création de lieux pour mieux se connaître, dépasser les préjugés, sortir de l’isolement, vivre des temps fraternels. Notamment avec une volonté d’inventivité pour créer des espaces ouverts de célébration, de partage spirituel, de chemins de foi. « Nos communautés peuvent devenir des lieux de croisement et de rencontre entre des personnes et familles vivant des réalités diverses », souligne Brigitte Alsberge.

Sophie Lebrun
Crédits photos: © Xavier Schwebel/Secours Catholique
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