Syrie : l’hiver augmente le désespoir des populations

Publié le 24/02/2015
Syrie
 

Le froid est particulièrement mordant pour les millions de réfugiés ou déplacés syriens victimes d’une pauvreté sévère. Caritas Syrie, soutenue par le Secours Catholique-Caritas France agit quotidiennement aux côtés des populations touchées.

À Damas, une famille syrienne de six personnes vit dans une seule pièce à l’étage supérieur d’un vieux bâtiment. Quand un vent de tempête a soufflé en janvier l’eau s’est infiltrée par le toit et a mouillé vêtements et couvertures. Sept membres d’une autre famille, dont quatre enfants de moins de dix ans, ont dû quitter leur maison du fait de la guerre.

La maman travaille comme agent d’entretien, le papa, handicapé, ne peut obtenir un emploi. Lorsque ce dernier a vu a vu ses enfants grelotter, sans rien pouvoir faire pour les réchauffer, il a mis au feu ses propres vêtements pour leur donner un peu de chaleur.

De nombreuses familles dans des abris minables

Au centre de Caritas, dans la capitale syrienne, ces récits douloureux sont monnaie courante. Les quatre années de guerre et les sanctions économiques ont jeté la population dans la pauvreté. « En Syrie, dit un responsable de Caritas, de nombreuses familles survivent dans des abris minables, dans des parcs ou dans des appartements neufs pas encore en état de marche : pas de portes, des fenêtres remplacées par des cartons ou par des bâches en plastique. »

Jordanie : 1 Syrien sur 6 dans l’extrême pauvreté

Le sort des 3,8 millions de Syriens ayant fui à l’étranger n’est pas très différent. La tempête qui a eu lieu en janvier, la pire depuis des décennies, a mis en lumière la précarité des réfugiés : le froid est particulièrement mordant car la pauvreté est sévère. En Jordanie, 1 Syrien sur 6 vit dans une extrême pauvreté, avec moins de 40 dollars par mois et par personne. Selon Caritas, la moitié des réfugiés installés dans ce pays n’a pas de chauffage, un quart pas d’accès sûr à l’électricité, et un cinquième pas de toilettes.

Liban : la survie impossible

« La situation des réfugiés empire au Liban », affirme le centre des migrants de Caritas, à Beyrouth. « Elle atteint un niveau inacceptable ! Ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont même pas le minimum nécessaire (les services de base) qui leur donnerait la possibilité de tout juste survivre ! » Dans tout le pays du Cèdre, en particulier dans les régions glacées de la vallée de la Bekaa, la situation humanitaire est catastrophique.

Turquie : besoin de couvertures, de fuel…

Ici, de plus en plus de Syriens frappent à la porte de Caritas pour demander des couvertures. Dans la région de Reyhanli (région en bordure de la Méditerranée et proche de la Syrie), la plupart des familles ont besoin de fuel, de poêles et de matelas pour surmonter l’hiver. Difficulté supplémentaire : durant celui-ci l’offre de travail diminue et la faim fait son apparition !

L’aide humanitaire fournie ne suffit pas

Les Caritas Syrie, Liban, Turquie, Jordanie, ont mis en place des programmes spécifiques pour aider les déplacés et réfugiés à faire face au récent mauvais temps. La première a fourni dans son pays aux plus démunis des aides financières pour se nourrir, payer les loyers, les soins de santé et l’école.

La seconde a distribué 6 000 pyjamas, la troisième 600 couvertures dans la zone de Reyhanli, la quatrième a donné 2 000 poêles, 17 000 couvertures et 3 000 vêtements chauds à des Syriens et à des Jordaniens en difficulté. Mais tout cela ne suffit pas car l’hiver est loin d’être terminé !

Crédits photos: ©Dana Shahin/Caritas Jordanie
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