Tunis : marche de clôture et bilan du FSM

Publié le 01/04/2013
Palestine, Tunisie
 

Le Forum social mondial de Tunis s’est achevé samedi 30 mars par une marche de soutien au peuple palestinien. La délégation du Secours Catholique était globalement satisfaite de ce rassemblement.

La marche en faveur du peuple palestinien, qui a clos samedi 30 mars le Forum social de Tunis (FSM), a ressemblé deux à trois fois moins de monde que la marche d’ouverture. Certes, de nombreux participants avaient déjà repris leur avion ; mais d’autres se sont abstenus pour ne pas cautionner le comportement d’un ou deux groupuscules qui avaient manifesté leur antisionisme en brûlant, la veille, le drapeau israélien.

Les Caritas en général, et le Secours Catholique en particulier, « dénoncent régulièrement les injustices que subissent les Palestiniens dans les territoires occupés et la bande de Gaza, mais prônent le dialogue et refusent la violence », pouvait-on entendre dans les rangs de la délégation.

Le représentant du conseil d’administration du Secours Catholique au FSM et président de la délégation du Var, Jean-Yves Simon, a estimé que « nous devons garder notre identité Caritas » et refuser d’être associés à l’intolérance et à l’exclusion.

Hormis cet incident et quelques tags anarchistes découverts vendredi matin un peu partout sur le campus de l’université El-Manar, le rassemblement de Tunis a été une réussite pour des dizaines de milliers de personnes, ainsi que pour le peuple tunisien, heureux de recevoir des citoyens du monde entier et fier d’être le premier pays arabe à accueillir le FSM. 

Pendant ces quatre journées ensoleillées, l’université s’est transformée en fête planétaire dont les allées étaient pleines de musiques, d’expositions, de livres et de conversations. L’effervescence s’est poursuivie le soir dans les rues, les restaurants et sur les terrasses des cafés du centre de Tunis.

Bilan du FSM

Le Secours Catholique a participé à de nombreuses tables rondes et animé quatre ateliers portant sur l’exclusion. Le premier, « Migration et développement », avait regroupé plusieurs membres du réseau Caritas confrontés à la souffrance des exilés qu’ils accueillent. Un autre atelier portait sur le droit à l’alimentation et la sécurité alimentaire (« Circuits courts pour assiettes pleines »).

Un troisième, « À qui appartient la politique ? », abordait la difficulté des plus pauvres à se faire entendre du personnel politique. Enfin, dans celui intitulé « Comment être citoyen quand on est exclu ? », plusieurs invités de l’association ont apporté un témoignage poignant de leurs parcours.

Le Secours Catholique avait en effet souhaité que des bénévoles, des personnes accueillies en France et des partenaires internationaux viennent participer à cette fête de la citoyenneté. Parmi les invités étrangers venus parler de leurs actions, deux Péruviens et un Bolivien (accaparement des terres et difficulté à accéder à l’eau), deux Kirghizes (migration et évasion fiscale), un Égyptien, un Mauritanien et une Camerounaise émigrée en Algérie (immigration). Étaient également représentées les Caritas de Roumanie (traite des êtres humains), de Jordanie (réfugiés syriens), du Liban, du Maroc, d’Arménie et de Suède (immigration).

Changer les politiques ?

Est-ce qu’un tel rassemblement peut faire changer les politiques ? Pour Jean-Yves Simon, « le personnel politique est attentif à ce qui se passe au Forum social, à ce qui s’y dit. Mais les politiques ne changeront que lorsque les opinions publiques changeront. »

Ce laboratoire n’aurait donc pas d’effet immédiat. En revanche, il participe à la dissémination d’idées et d’analyses tirées de l’expertise et des constats.

Le Secours Catholique, en associant les personnes accueillies, participe à ces constats. Bien plus, il apporte à ces personnes l’assurance que leur parole a de l’intérêt et qu’elle sera entendue. Si les témoignages ne changent pas immédiatement les politiques, elles changent l’image que ces personnes ont d’elles-mêmes, elles reprennent confiance et souvent rebondissent.

 

À signaler, le remarquable travail d’organisation de l’équipe de Jacqueline Hocquet (responsable du plaidoyer international au Secours Catholique) qui a permis aux invités à ce forum de travailler dans les meilleures conditions. Que soient également remerciées ici Valeria Lopez Gareri, Bénédicte Dufour et Coline Hervé.

Adeline Marc, quant à elle, a noté ses impressions du forum sur son blog : Migration et développement.

Jacques Duffaut
© Élodie Perriot/Secours Catholique
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