Tunis : Pascal Canfin au Forum social mondial

Publié le 29/03/2013
Tunisie
 

À la fin d’une seconde journée d’ateliers et de tables rondes, le ministre français chargé du développement a rendu visite aux associations françaises présentes au Forum social de Tunis, dont le Secours Catholique qui lui a fait part d’un litige opposant un de ses invités à une entreprise extractive.

Le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, chargé du développement, Pascal Canfin, était à Tunis jeudi après-midi pour entendre les revendications des organisations françaises présentes au Forum social mondial.

Arrivé à 18 h 30, il a été reçu par les membres du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID). Le ministre a clairement fait savoir qu’il était dans une position d’écoute. Il a en effet entendu chacune des 25 interventions sans en interrompre aucune. Le Secours Catholique avait décidé de mettre en avant un de ses invités au Forum.

Concession pour exploiter du pétrole

Le Péruvien Edwin Montenegro est président de l’Organisation régionale des peuples indigènes de l’Amazonie nord du Pérou (ORPIANP), une association soutenue par le Centre amazonien d’anthropologie et d’application pratique (CAAAP), partenaire du Secours Catholique. M. Montenegro a expliqué à Pascal Canfin qu’une entreprise française a dernièrement obtenu de l’État péruvien une concession pour exploiter du pétrole.

Or, cette concession s’est faite au mépris d’une loi qui oblige l’État à consulter le peuple indigène qui vit sur ce territoire. L’entreprise française, forte d’une autorisation gouvernementale, s’estime dans son droit. Mais les populations se disent lésées et refusent que l’entreprise exploite le territoire sans qu’elles aient été consultées. Le ministre a promis au Secours Catholique et à l’organisation péruvienne qu’il prendrait contact avec les dirigeants de l’entreprise.

Tables rondes et ateliers

Le campus de l’université d’El-Manar continue de vivre au rythme des manifestations, des tables rondes et des ateliers. Des milliers de personnes se croisent, s’interpellent, s’échangent leurs cartes de visite ou leurs coordonnées, assistent à un concert ou découvrent une exposition photo.

Le Secours Catholique a organisé jeudi 28, deux ateliers. Celui du matin portait sur les migrations et le développement, et avait pour modérateur la directrice du plaidoyer à Caritas Internationalis, Martina Liebsch. Jean-Pierre Cassarino, professeur à l’institut de Florence, a rappelé : « Il n’y a rien de plus permanent qu’un migrant temporaire. » En effet, on oublie que les migrants sont des hommes qui socialisent, qui s’attachent et qui s’enracinent. Souvent la réponse des Européens est de renvoyer le migrant dans son pays.

L’immigration rencontrée par Najla Chahda, directrice du Centre des migrants de Caritas Liban (CMCL), depuis plus de vingt ans revêt d’autres formes d’abus. Les femmes de ménage que CMCL recueille viennent de pays très pauvres. Elles n’ont aucune éducation et ne savent pas qu’elles peuvent tomber sur des employeurs peu scrupuleux qui les traitent en esclave. Le Centre leur apporte alors un refuge et une protection juridique.

Caritas Albanie, représentée par Ariela Mitri, a parlé de la traite des êtres humains dont sont victimes de nombreux migrants albanais. Jacquelina Garcia (Service jésuite des migrants du Mexique) a, elle aussi, évoqué la situation migratoire de son pays, terre de transit vers les États-Unis. L’organisation épaule les femmes de migrants se retrouvant sans appui.

La migration et la mobilité humaines sont un droit, ont affirmé les intervenants. Les Caritas aident les migrants à s’orienter et à s’informer d’un côté ; de l’autre, elles plaident auprès des gouvernements pour améliorer le sort de ces hommes et ces femmes qui n’ont parfois pas d’autre choix que de partir chercher une vie meilleure.

L’atelier de l’après-midi proposé par le Secours Catholique donnait la parole aux personnes qu’il accueille en France. Ce sont elles qui ont animé l’atelier, en débutant par une saynète dans laquelle des exclus se trouvent confrontés à l’indifférence des politiques. L’intitulé de l’atelier : « À qui appartient la politique ? » reflétait déjà l’isolement et la mise à l’écart que ressent une grande partie de la population. Les témoignages ont souligné l’importance de changer cette situation et la volonté d’être davantage associé aux prises de décision.

Jacques Duffaut
© Élodie Perriot/Secours Catholique
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