Véronique Fayet : « Le bénévolat, signe pour le monde »

Publié le 09/09/2014
Véronique Fayet : « Le bénévolat, signe pour le monde »
 

Pour Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique, le bénévolat est une richesse à bien des égards:

« Bénévole depuis de nombreuses années, je connais la richesse de cet engagement que je vis comme une chance tant il nous fait grandir en humanité.

Au Secours Catholique, les bénévoles sont une force vive. Leurs talents variés où se mêlent intelligence, tendresse, passion… se conjuguent avec le courage, l’expérience, les compétences et les espoirs des personnes que nous accueillons. Tous ensemble, solidaires, créatifs et généreux, ils nous poussent sans cesse sur de nouveaux chemins.

Le bénévolat est aujourd’hui signe pour le monde, pour au moins trois raisons.

Tout d’abord parce qu’il est échange gratuit et qu’il introduit une bouffée d’oxygène et un questionnement dans un monde où tout se monnaye, tout se paye et parfois au prix fort. Ce qui compte ici, ce n’est pas la quantité d’actions menées mais plutôt la qualité des relations tissées et la capacité retrouvée pour chacun, accueillant et accueilli, de vivre pleinement son humanité.

Le bénévolat est aussi un lieu d’alliance dans une société où tout passe par le contrat et l’assurance. Contrairement au professionnel qui s’oblige à une certaine réserve dans la relation, le bénévole s’engage tout entier, sans calcul, au risque parfois d’être déçu ou lui-même blessé – au risque de la fraternité ! Il fait confiance a priori à celui ou celle qu’il accueille, convaincu que c’est ensemble qu’ils vont avancer, en alliant leurs compétences et leur expérience.

Enfin, les bénévoles ont un rôle prophétique car ils sont souvent aux avant-postes de la misère, là où personne ne va, là où les institutions avouent leurs limites, avec ceux que l’on cache ou qui se cachent... Cette dimension est évidemment centrale pour nous, chrétiens, car elle est consubstantielle à notre baptême et nous envoie sans cesse plus loin, « aux périphéries », comme le pape François nous y appelle.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, le bénévolat est et sera toujours essentiel, au sens étymologique du terme, dans un monde à la recherche de sens, dans un monde où il faut de toute urgence retrouver « le goût de l’autre » [1].»

Notes:

[1] Lire Le goût de l’autre, Elena Lasida, éd. Albin Michel, 2011.

Véronique Fayet
Crédits photos: © Elodie Perriot/Secours Catholique-Caritas France
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