Voyage d’Espérance : se découvrir en cheminant ensemble

Publié le 31/03/2014
 

En juillet 2012, Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise, a emmené plus de 300 personnes lors d’un voyage à Lourdes. Les participants : des personnes en situation de précarité et des paroissiens.

Comment vous est venue l’idée d’organiser ce voyage ?

Au moment de réfléchir à notre manière de vivre la démarche Diaconia 2013 sur notre territoire, le délégué du Secours Catholique de Savoie a proposé d’organiser un grand pèlerinage. Au fur et à mesure, nous avons construit l’idée d’un voyage similaire au voyage de l’Espérance à Lourdes (qui rassemble des personnes accompagnées par le Secours Catholique et des bénévoles).

Nous voulions le proposer à toutes les paroisses, aux mouvements et écoles catholiques pour mettre en marche la communauté catholique dans son ensemble, y compris les personnes en situation de précarité qui peuvent s’en sentir exclues. Aller aussi loin – 750 kilomètres ! – était le signe que nous voulions vivre un vrai pèlerinage, dans un lieu de renommée internationale.

Est-ce que la mobilisation a été large ?

23 paroisses sur les 40 que compte le diocèse ont été présentes. Nous étions près de 300 personnes, dont la moitié vivant une situation de fragilité. Mais nous ne sommes pas partis en deux groupes, les uns “accueillis” et les autres “accompagnants”. Nous étions tous des frères et des sœurs, pèlerins. Cette mixité s’est d’ailleurs retrouvée dans l’équipe d’organisation.

Ceux qui n’ont pas pu venir ont participé à la réflexion qui nous mobilise depuis le début de la démarche Diaconia : comment arriver à ce que les personnes fragilisées et précaires puissent être au centre de nos communautés ? Le voyage appelé “Sa voie fraternité” a permis d’expérimenter une manière de répondre. Cela a ensuite diffusé un état d’esprit commun sur notre territoire.

Avez-vous l’impression que ce voyage a touché des personnes qui ne se sentaient pas concernées jusque-là par la charité ?

J’ai beaucoup d’exemples de cela… Des paroissiens engagés dans la liturgie, d’autres dans un mouvement ou dans l’aumônerie de l’enseignement privé sont revenus en disant : « Nous sommes transformés. Nous avons été touchés par telle famille de trois enfants qui n’est jamais partie en vacances, telle mère élevant seule son enfant, tel demandeur d’asile. » Ils ont vécu un temps fort avec des gens qu’ils ne connaissaient qu’à travers des articles, ou auxquels ils ne pensaient qu’au moment d’envoyer un don à une association caritative.

Mais d’autres aussi ont été touchés : les personnes en situation de fragilité ! En septembre dernier, lorsque je suis allé installer un nouveau prêtre dans une paroisse, en sortant de l’église, certaines d’entre elles sont venues me saluer. Elles ont gardé un lien avec la communauté chrétienne après le voyage, c’est devenu leur communauté. Beaucoup m’ont avoué : « Lors de ce voyage, c’était la première fois que l’on me regardait comme une personne normale. »

Sa voie fraternité, le film

Le film Sa voie fraternité, du nom de ce pèlerinage, suit le cheminement des 300 fidèles, venus de tous horizons sociaux, lors des quelques jours qu’ils ont passés dans la cité mariale. L’histoire de la naissance d’un esprit de charité qui a saisi les communautés catholiques de ce département.

Pour commander le film, s’adresser à l’unité Diaconia du Secours Catholique, 106 rue du Bac - 75007 Paris ou à unite.diaconia secours-catholique.org (prévoir 5 euros de participation aux frais d’envoi).

 

 
Sophie Lebrun
Crédits photos: D.R.
Procession de Lourdes
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