À la suite des attentats de Paris

Publié le 14/11/2015
France
 

La déclaration du Secours Catholique-Caritas France

Suite aux dramatiques événements de cette nuit à Paris, le Secours Catholique-Caritas France se joint à la douleur des familles et proches de ceux qui ont été ont été tués ou blessés par les attaques terroristes.

Nous nous unissons aux voix de Mgr Pontier, président de la Conférence des évêques de France...

« Dans sa capitale, notre pays a été touché par une série d’attentats d’une barbarie inégalée. Avec les catholiques de France, j’exprime ma profonde douleur devant cette extrême violence qui a retiré la vie à tant de personnes et blessé tant d’autres. Mes pensées et mes prières vont aux victimes, à leurs proches, aux forces de l’ordre, aux soignants et à nos gouvernants sur lesquels pèse une lourde responsabilité.

En ces heures difficiles nous leur faisons confiance. J’invite les catholiques de France, ce dimanche tout spécialement, par leur prière, leurs paroles et leurs actes à être artisans de paix, d’unité et témoins de l’Espérance. Nous le savons, le mal n’aura pas le dernier mot. »

... et du Cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

« Notre ville de Paris, notre pays, ont été frappés hier soir avec une sauvagerie et une intensité particulières. Après les attaques de janvier dernier, après l’attentat de cette semaine à Beyrouth et tant d’autres au long de ces derniers mois, notamment au Nigéria et dans d’autres pays d’Afrique, notre pays connaît à nouveau la douleur du deuil et doit faire face à la barbarie propagée par des groupes fanatiques.

Je prie et j’invite les catholiques […] à prier pour celles et ceux qui ont été tués hier et pour leurs familles, pour les blessés et pour leurs proches et pour ceux qui s’activent pour venir à leur secours, pour les forces de l’ordre soumises à une redoutable tension, pour nos gouvernants et pour notre pays afin qu’ensemble nous demeurions dans l’unité et la paix des cœurs. […]

Face à la violence des hommes, puissions-nous recevoir la grâce d’un cœur ferme et sans haine. Que la modération, la tempérance et la maîtrise dont tous ont fait preuve jusqu’à présent se confirment dans les semaines et les mois qui viennent ; que personne ne se laisse aller à l’affolement ou à la haine. Demandons la grâce d’être des artisans de paix. Nous ne devons jamais désespérer de la paix, si on construit la justice. »

Dialoguer

Comme au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher du 8 janvier 2015, le Secours Catholique a invité l'ensemble de ses membres, bénévoles et salariés à s'engager à dialoguer avec les familles musulmanes qu'ils côtoient et qui pourraient se sentir stigmatisées, ainsi qu'avec tous ceux, chrétiens ou non, qui pourraient avoir des réactions d'amalgame. 

L'association a invité ses acteurs à faire leur l'appel de la Conférence des évêques de France des précédents attentats : « Notre société, constituée de diversités de toutes sortes, doit travailler sans cesse à la construction de la paix et de la fraternité. La barbarie ainsi exprimée […] nous blesse tous. Dans cette situation où la colère peut nous envahir, nous devons plus que jamais redoubler d’attention à la fraternité fragilisée et à la paix toujours à consolider. »

L’état d’urgence a été déclaré pour la France métropolitaine et la Corse en ce week-end de collecte nationale du Secours Catholique.

 

Au milieu de ces événements douloureux, nous nous unissons à la prière de tous les croyants, à la compassion et à la solidarité de tous les hommes et femmes de paix, dans l’espérance et la paix du cœur.

 

Les messages de nos partenaires étrangers

Depuis samedi 14 novembre, de nombreux messages parviennent au Secours Catholique-Caritas France de la part de ses partenaires partout dans le monde :

Albanie, Allemagne, Algérie, Arménie, Bangladesh, Bénin, Bolivie, Brésil, Burundi, Cambodge, Colombie, Égypte, États-unis, Géorgie, Grande-Bretagne, Guatemala, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Israël et Palestine, Liban, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mexique, Pérou, Philippines, Pologne, République démocratique du Congo, Russie, Rwanda, Sénégal, Tchad, Tchétchénie, Togo, Tunisie, Ukraine...

Ils y expriment leurs condoléances et leur soutien aux proches des victimes et plus largement aux Français, et, pour beaucoup, font part de leur union de prière. Voici quelques extraits : 

C'est un acte terrible de haine et d'agression sur nos valeurs qui sous-tendent le monde que l'on souhaite construire : l'humanité, la tolérance, la liberté et le respect.

L'association Sintem, partenaire en Tchétchénie.

 

Tous, femmes, hommes, Burundais, Congolais, Rwandais avons été indignés par la violence de ce carnage. Étant moi-même basée à Bujumbura au Burundi, où les tueries et autres actes de violences sont courants, je conclus que tous les hommes et femmes épris de paix devraient plus que jamais s'unir, être solidaires pour dénoncer toute pratique barbare et lancer le message de la paix, de la tolérance et de la non violence

Nicole Nynagolo, du collectif des Associations féminines de la région des Grands Lacs.

 

Les hommes et femmes politiques feront leur travail, nous continuerons à faire ce que nous savons faire : travailler pour qu’il y ait plus de justice et de paix dans le monde, pour que la pauvreté recule et que tout le monde ait des conditions de vie assez dignes. Peut-être, de cette manière, les prêcheurs d’illusions ne trouveront personne pour les écouter.

Caritas Tchad.

 

Cet attentat nous a tous bouleversés, mais que cela n'arrête pas notre élan de solidarité et notre détermination à soutenir les migrants.

Caritas Tunisie.

 

Désormais, votre mission est plus importante que jamais. Désormais, votre travail au quotidien a encore plus de sens qu'auparavant. Nous sommes tous des combattants pour la tolérance, l'amour et la fraternité entre les peuples, pour le bien de toute l'humanité. Nous devons prouver que les personnes peuvent être tuées, mais les valeurs, jamais.

Caritas Arménie.

 

Face à la barbarie,  face à la spirale de la violence, l’Humanité doit rester debout. Même si cela demande du temps, pansons nos blessures, et gardons espoir. Continuons d’être habités par de vraies valeurs. Continuons de travailler à la construction d'un monde qui témoignerait véritablement de ce que tous les hommes portent de meilleur en eux.

L’équipe de Concert-Action, partenaire en Haïti.

 

Que ce malheur vous conforte toujours plus dans la noble mission qui est la vôtre, c'est à dire aider au long cheminement de la liberté et de la fraternité. Comme disait Tahar Djaout, le premier journaliste assassiné à Alger en Mai 1993: "Le silence c'est la mort, et toi si tu te tais, tu meurs. Et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs."

Fazia Belaidi, rédactrice en chef de HAYAT, Caritas Algérie.

 

Crédit Photo : © DR
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