Centrafrique : une sortie de crise encore trop lointaine

Publié le 09/10/2014
Centrafrique
 

L’insécurité règne toujours en République centrafricaine. Le déploiement de forces onusiennes fait espérer une sortie de crise. Le Secours Catholique-Caritas France, reste mobilisé avec le réseau Caritas.

Malgré l’accord de Brazzaville signé en juillet dernier par les responsables politiques centrafricains qui prévoit la cessation des hostilités, les violences perdurent en République Centrafricaine. « De nombreuses poches d’insécurité demeurent à l’est et à l’ouest du pays. Les groupes armés ne respectent pas l’accord de Brazzaville et leurs divisions et scissions internes engendrent encore plus de violences », affirme Aude Hadley, chargée de mission au Secours Catholique-Caritas France.

La mission des Nations unies en République centrafricaine, la Minusca, a pris le relais de la force africaine Misca le 15 septembre dernier. Elle complète la mission des forces françaises Sangaris et EUFOR-RCA. Un espoir pour la population de voir la situation se calmer. « La sécurité est meilleure à Bangui, affirme Aude Hadley, mais la criminalité a augmenté. Les braquages, enlèvements et attaques sont nombreux. »

« Les premières réponses à la crise doivent venir des Centrafricains »

Pour Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et président de la Caritas centrafricaine, « le déploiement des forces de l’Onu était nécessaire pour prêter main forte aux Centrafricains mais ils peuvent être un milliard de soldats, tant que les Centrafricains ne prendront pas conscience que nous sommes appelés à vivre ensemble, la situation ne changera pas. Les premières réponses à la crise doivent venir des Centrafricains », a-t-il affirmé au micro de Radio Vatican.

Quelques réfugiés regagnent prudemment le pays et des déplacés ont rejoint leurs domiciles. Toutefois, ils étaient encore plus de 418 200 réfugiés fin septembre, soit 9 % de la population totale, et plus de 487 600 déplacés internes, soit 11 % de la population, dont 62 600 à Bangui.

« Les villageois ont été pillés jusqu’au dernier grain »

« La Centrafrique est un pays où tout est à reconstruire », affirme Sébastien Dechamps, responsable du pôle Urgences internationales au Secours Catholique, qui s’est rendu à Bangui, la capitale, en juillet. « Dans les villages, les récoltes ont été pillées jusqu’au dernier grain et leurs outils de travail réquisitionnés. Dans le meilleur des cas, il ne leur reste que leurs terrains. Mais que peuvent-ils en faire s’ils n’ont pas la sécurité nécessaire pour les cultiver ? La population centrafricaine va continuer à dépendre de l’aide alimentaire pendant encore de nombreux mois », témoigne le responsable Urgences.

Le réseau Caritas et le Secours Catholique restent mobilisés

Le Secours Catholique-Caritas France continue d’apporter son soutien avec le réseau Caritas à la population centrafricaine. À Bangui, le Secours Catholique-Caritas France soutient un projet d’amélioration des conditions de vie des populations affectées par la crise. Cela passe par de l’appui aux groupements de paysans en petit bétail, la reconstruction de maisons et la réhabilitation de points d’eau.

À Bambari, l’association a réorienté son projet de sécurité alimentaire et de reprise des activités scolaires vers une action d’urgence nécessaire. Elle permet la distribution d’articles non alimentaires utiles au quotidien de la population et la construction d’abris pour 2ã000 ménages déplacés.

Clémence Véran-Richard
Crédits photos: © Matthieu Alexandre/Caritas Internationalis
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