Humanitaire : un hôpital du sud du Soudan bombardé

Publié le 06/05/2014
Soudan
 

L’hôpital Mother of Mercy à Gidel, au sud du Soudan, a essuyé deux bombardements les 1er et 2 mai, faisant un blessé léger. L’établissement, le seul de ce type dans cette région, est soutenu par le Secours Catholique et Caritas Irlande.

L’attaque d’un avion de chasse gouvernemental le 1er mai a occasionné des dégâts matériels dans l’hôpital Mother of Mercy de Gidel, au Soudan. Situé dans les monts Nouba, au sud du pays, il est le seul hôpital de la région en activité. Un blessé léger est à déplorer.

Le lendemain, d’autres bombes ont été lâchées autour de l’hôpital par un avion Antonov, moins précis qu’un avion de chasse. Il n’a, de fait, pas touché l’hôpital.

Les principaux partenaires de l’hôpital bombardé sont le Secours Catholique et Caritas Irlande (Trocaire). L’établissement vient en aide à plus de 150 000 personnes chaque année. Il soigne des cas de lèpre, de tuberculose, de malaria ou encore de malnutrition. Il porte aussi secours aux Noubas blessés par les nombreux bombardements qui ont cours dans cet État du Kordofan du Sud.

Cette attaque entre dans le cadre de la répression exercée par le régime de Khartoum à l’encontre de la population du sud du Soudan. Elle s’explique par l’opposition armée entre un mouvement armé rebelle implanté dans le Kordofan du Sud, le SPLM-N, et le gouvernement. Le soutien des habitants des monts Nouba, lieu très enclavé, à l’Armée populaire de libération du Soudan de 1984 à 2002 constitue un autre facteur aggravant aux yeux de Khartoum.

« Les bombardements avaient jusqu’ici épargné l’hôpital, explique Sébastien Dechamps, responsable du pôle Urgences internationales du Secours Catholique. Mais ils avaient déjà touché des marchés, des écoles...Il y a clairement une volonté de terroriser les civils, de les inciter à fuir, de saper leur volonté d’expression démocratique. »

Civils innocents

L’évêque du diocèse soudanais d’El Obeid, Mgr Macram Max Gassis, pilote ce programme de Nairobi, au Kenya. Il a déploré une attaque perpétrée contre des civils innocents : « Ces patients n’ont rien à voir avec le conflit qui dévaste les monts Nouba depuis juin 2011 [1]. (…) Cette attaque est une violation du caractère sacré de la vie humaine, que nous devons protéger à tout prix. »

Mgr Gassis a ensuite appelé le président soudanais, Omar El-Béchir, à garantir la sécurité future de l’hôpital : « Nous sauvons des vies sans faire de distinction religieuse, tribale ou politique. En ciblant notre hôpital, c’est nos frères musulmans et chrétiens que vous visez. »

D’ici à quelques semaines, la saison des pluies isolera la région jusqu’en octobre. Il ne serait alors plus possible, si l’équipe médicale devait plier bagage, de porter secours aux patients de l’hôpital.


La situation dans le sud du Soudan

- Plus d’informations sur la situation humanitaire de la région sur le site de notre partenaire Caritas Internationalis.


 
Notes:

[1] Depuis 2011, Khartoum interdit aux ONG et aux Nations unies l’accès à ces habitants qui ne veulent pas de son pouvoir.

Pierre Wolf-Mandroux
© Sébastien Dechamps/Secours Catholique
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