Jeudi de l’Ascension : les plus faibles au coeur de Diaconia

Publié le 10/05/2013
 

La première journée du rassemblement Diaconia 2013, organisé à Lourdes jusqu’au samedi 11 mai, a été marquée par les interventions de plusieurs personnes en situation de précarité lors des cérémonies de lancement.

Du jeudi 9 au samedi 11 mai, 12 000 personnes se retrouvent à Lourdes pour le rassemblement Diaconia 2013 sur le thème « Servons la fraternité ». Délégués des diocèses de France, membres des mouvements et associations caritatives catholiques ou personnes en situation de précarité : ces pèlerins partagent pendant trois jours leurs pratiques de la solidarité, et échangent sur la charité.

Ce rassemblement est le point d’orgue d’une démarche qui a débuté il y a trois ans : à l’appel des évêques de France, les communautés catholiques ont lancé plusieurs actions et réflexions sur l’importance du service du frère.

Personnes abimées

Ce jeudi de l’Ascension, plus de 80 délégations de diocèses ont investi la basilique Saint-Pie-X des sanctuaires de Lourdes pour la cérémonie de lancement. Pendant deux heures, les chants se sont succédé, dont Comme un cri, écrit par trois femmes de l’Association Le Pont, lieu d’accueil et de rencontre de personnes en situation de précarité.

En ouverture de la cérémonie, Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes, et président du Conseil de la solidarité de la Conférence des évêques, a déclaré : « Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à dire.  » D’ailleurs, plusieurs personnes en situation de précarité, notamment du groupe Place et Parole des pauvres, ont témoigné de leur vision de la diaconie. Comme Laurence : «  La diaconie, c’est le service de l’Église pour les personnes abimées, c’est une attention envers tous ceux qui n’ont pas trouvé leur place dans la société et même dans l’Église. »

Visages de charité

Quelques participants ont ensuite présenté un visage qui a compté dans leur histoire. Jacqueline a raconté combien Mgr Jean Rodhain a marqué sa vie, insistant sur l’importance de cette parole du fondateur du Secours Catholique : « La charité n’a pas d’heure, le service de l’autre n’attend pas. » « Suivre Jean Rodhain, c’est s’inscrire dans une charité inventive de notre temps », a-t-elle conclu. Marcelle a expliqué comment le P. Wresinski, fondateur d’ATD-Quart Monde, lui a appris à ne pas avoir honte d’exister, à regarder les autres dans les yeux.

Ces témoignages ont touché les pèlerins. À l’image de José, qui n’a pas hésité à interpeler Marcelle à la sortie de la basilique, pour la remercier. Ce bénévole du Secours Catholique fait partie de la délégation du Val de Marne. « Je suis venu car je voulais entendre les histoires de vie des autres personnes engagées dans la charité » explique cet ancien détenu, qui a été particulièrement ému par le témoignage vidéo des prisonniers de Béziers. « C’est vrai qu’en prison, la parole de Dieu est une lumière sur laquelle on peut se raccrocher.  »

Omar s’est investi dans le même groupe logement et bricolage que lui dans la délégation du Val de Marne : «  Tous mes collègues venaient alors, même si je suis musulman, je les ai suivis. J’ai été attiré par les principes de charité. Aujourd’hui, le Secours Catholique m’aide à me loger, et me permet d’être utile en étant bénévole. Je suis venu partager cette fraternité que je vis au quotidien.  »

Rencontre

L’après-midi, près d’une centaine de spectacles et d’ateliers se sont déroulés dans les sanctuaires, dans la ville de Lourdes et à la Cité Saint-Pierre. Des rencontres avec des personnalités avaient aussi lieu.

Devant plusieurs centaines de pèlerins, le P. Gustavo Guttierez, partenaire du Secours Catholique, a présenté l’option préférentielle pour les pauvres. « Cette « option » n’est pas optionnelle : le terme montre une liberté de choix dans l’engagement mais cet engagement est fondamental pour les chrétiens. Ensuite, la préférence insiste sur la place au premier rang des pauvres dans l’amour que Dieu porte aux hommes. Enfin les pauvres sont à penser non pas seulement comme les personnes en situation de précarité financière mais comme l’ensemble des « insignifiants », ceux que l’on rejette. »

« L’option préférentielle pour les pauvres est une question chrétienne qui peut toucher le monde entier, a-t-il insisté. Les chemins concrets pour la mettre en oeuvre peuvent être très divers d’un pays à l’autre mais on ne peut échapper à l’exigence d’aller vers les plus faibles dans toutes les sociétés.  »

Une messe de la diaconie

En fin de journée, les pèlerins se sont à nouveau rassemblés dans la basilique Saint-Pie-X. Par groupes de six, les participants de Diaconia 2013 ont échangé autour d’un texte biblique, partageant sur ce que la Parole de Dieu leur inspire.

Une demi-heure plus tard, les quelque 12 000 personnes ont fait silence alors que plus de 80 évêques entraient en procession, avec de nombreux prêtres, pour une célébration eucharistique présidée par le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum.

Cette messe de l’Ascension a été spécialement écrite pour le rassemblement. Une lecture a été faite par une personne aveugle, lisant en braille. Une personne en situation de handicap mental a lu une prière universelle. Un servant d’autel en fauteuil roulant a apporté l’eau au cardinal, juste avant la consécration. Chaque moment de cette première journée a ainsi fait vivre, en paroles et en actes, un élan de diaconie.

 

Sophie Lebrun
Crédits photos : © Xavier Schwebel/Secours Catholique
Procession de Lourdes
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