La Caritas vietnamienne se renforce

Publié le 05/12/2013
Viêt Nam
 

Le Vietnam est considéré aujourd’hui comme un pays émergent avec un décollage économique depuis les années 2000. La population en bénéficie-t-elle ?

Dans les grandes villes, le Vietnam a un bon réseau routier, des infrastructures urbaines très développées, de nombreux commerces fournis… J’ai même été frappée par les rues entières de boutiques de luxe et les grandes chaines de fast-food américaines présentes.

Mais il existe toujours une grande inégalité entre les territoires et les populations. Les milieux ruraux sont moins développés économiquement et sont très touchés par la pauvreté. Ce qui entraine un exode rural important, créant ainsi un entassement des populations dans les centres urbains. La pauvreté est moins visible en ville mais tout aussi présente.

Quel soutien apporte le Secours Catholique à ces populations ?

Aujourd’hui, nous soutenons financièrement Caritas Vietnam à travers un projet d’accompagnement des personnes atteintes par le sida. Plusieurs Caritas locales (rattachées aux diocèses) – près de la moitié – sont impliquées dans ce programme qui marche bien. Par ce biais, nous proposons l’intervention de consultants – locaux souvent – pour renforcer la Caritas nationale et mettre en réseau les 12 Caritas diocésaines travaillant sur cette thématique.

Notre objectif est ainsi d’accompagner Caritas Vietnam dans le développement d’initiatives locales dans les diocèses. Cette structure caritative nationale a été relancée en 2008, après plusieurs décennies sans activité. Elle cherche à fédérer les engagements sociaux locaux dans un contexte complexe car si certains diocèses ont déjà une organisation caritative active, d’autres n’en ont pas. Les réalités de terrain et les besoins sont donc multiples. De plus, la liberté donnée à l’Église par l’État est variable, créant un contexte incertain qui conditionne les projets.

Quelles sont les problématiques dans lesquelles le Secours Catholique veut s’investir à l’avenir ?

Nous observons que les minorités ethniques et les populations indigènes qui habitent dans les montagnes ou les zones frontalières, les zones plus reculées, ont de nombreux besoins. Elles n’ont pas encore eu accès au développement que l’on peut voir en ville. Au Vietnam, il y a 54 ethnies différentes, ce qui entraine une richesse culturelle forte. Pour autant, ces personnes ont été marginalisées et n’ont plus, pour un grand nombre d’entre elles, le sentiment que leurs spécificités peuvent apporter quelque chose. Nous espérons travailler à l’avenir avec des partenaires pour revaloriser ces cultures.

Comme la plupart des gens qui migrent en ville sont issus de ces minorités ethniques, nous envisageons de travailler aussi dans les milieux urbains pour les accompagner et lutter contre les discriminations dont elles sont très souvent victimes.

Propos recueillis par Sophie Lebrun

© Elodie Perriot/Secours Catholique
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