La Réunion, trois mois après le cyclone

Publié le 10/04/2014
Réunion
 

Le 2 janvier, l’ouragan Bejisa frappait La Réunion. Michelle Vital, responsable urgences du Secours Catholique de l’île, revient sur les problèmes que son équipe a dû résoudre sur le terrain pour venir en aide aux population sinistrées.

La culture de l’alerte est ancrée dans la conscience collective réunionnaise. Michelle Vital, responsable au sein du Secours Catholique de l’équipe urgences de La Réunion, l’a vérifiée… à ses dépens : « L’alerte rouge a vraiment été respectée par les habitants. Les quelques conducteurs qui circulaient ont reçu des PV de la part de la police. J’ai été moi-même verbalisée ! »

Près de trois mois après le passage du cyclone Bejisa sur La Réunion le 2 janvier, Michelle Vital est revenue sur son expérience lors d’une réunion qui s’est tenue fin mars au siège du Secours Catholique. Elle rassemblait les autres responsables départementaux des équipes urgences de l’association. Michelle Vital a commencé par les remercier pour leurs messages d’encouragement envoyés lors de la catastrophe. « Cela m’a fait du bien, même si je n’ai pas eu le temps de répondre à vos mails… »

Informations contradictoires

Son équipe a dû composer dès le début de l’alerte avec un problème de taille : les informations contradictoires communiquées par Météo France. Lorsque Michelle Vital évoque le sujet, Gérard Bourguet, délégué urgences de la Guadeloupe, intervient aussitôt : « Notre délégation a eu des réunions avec Météo France à ce sujet. Ils nous ont dit que la trajectoire d’un cyclone est toujours très aléatoire, surtout lorsque sa zone d’action excède cinquante kilomètres. Ils doivent tout le temps réaffiner leur calcul. »

L’œil du cyclone est finalement passé à trente kilomètres des côtes. Une proximité suffisante pour occasionner de gros dégâts matériels : toitures arrachées, zones agricoles ravagées, coupures d’eau et d’électricité… « Ces dernières ont duré parfois dix jours, raconte Michelle Vital. Comme c’était la période des fêtes de fin d’année, les habitants avaient leur frigidaire rempli de nourriture. Ils ont tout perdu à cause des coupures ».

Le cyclone provoquera la mort d’une personne et en blessera seize autres, principalement des habitants qui tentaient de colmater leur toiture pendant la tempête. Le Secours a rapidement déployé ses bénévoles une fois la tempête terminée grâce à une chaine de SMS. Puis il a installé son poste de coordination dans la commune de Saint-Leu, l’une des quatre villes les plus touchées par la tempête. « La mairie a été formidable. Elle nous a fourni une grande salle et s’est occupée de la logistique. En 2009 – coïncidence –, notre équipe avait d’ailleurs fait son exercice d’urgence à Saint-Leu. Le curé de la commune nous a dit : “Et bien, n’est-ce pas là un signe du ciel ?” »

Peu d’assurances habitation

103 bénévoles du Secours Catholique ont ensuite rendu visite à 168 familles sinistrées, leur distribuant au besoin des matelas, des couvertures et de la nourriture. Mais une mauvaise surprise les attendait. La majorité des familles ne possédaient pas d’assurance habitation, soit parce que les maisons avaient été construites sans permis de construire valable, soit parce que les habitants n’en faisaient pas une priorité. « À l’avenir, on réfléchit à des actions de sensibilisation pour expliquer l’importance d’une assurance habitation. C’est primordial », soupire Michelle Vital.

Le Secours Catholique s’est partagé le travail avec l’association ATD Quart Monde. Cette dernière s’est chargée de constituer des dossiers de demande d’indemnisation pour les pêcheurs. Beaucoup ayant vu leurs outils de travail dévastés. Le Secours Catholique s’est lui occupé d’aider la profession des agriculteurs, elle aussi très touchée.

Si les jours qui ont suivi le cyclone ont parfois été éprouvants, Michelle Vital ne regrette pas les efforts déployés : « C’était une belle expérience humaine. Notre action a d’ailleurs été saluée par beaucoup de gens. »

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos: © Secours Catholique La Réunion
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