Logement : mobilisation dans les Hauts-de-Seine

Publié le 21/01/2013
Hauts-de-Seine
 

Plusieurs associations, dont le Secours Catholique, ont organisé samedi 19 janvier une journée de mobilisation en faveur du logement dans les Hauts-de-Seine, l’un des départements les plus inégalitaire de France.

« La campagne pour le logement est plus qu’une campagne contre l’indifférence et la résignation, c’est un combat pour l’égale dignité des êtres humains. » Paul Bouchet, président d’honneur d’ATD Quart Monde, était l’une des nombreuses personnalités à répondre à l’appel de la Campagne Logement 92, qui rassemble depuis 2010 des associations agissant en faveur du logement et de l’hébergement.

Premier constat établi par l’observatoire citoyen des Hauts-de-Seine : le 92 est l’un des départements les plus inégalitaires de France, avec des disparités considérables entre les communes – 25% de taux de pauvreté à Villeneuve-la-Garenne contre 2,8% à Marnes-la-Coquette. « Si nous ne voulons pas que notre département soit un ghetto, il faut agir », a insisté l’évêque de Nanterre, Gérard Daucourt, appelant la communauté catholique dans son ensemble à se mobiliser.

Déficit de logements très sociaux

La mixité sociale s’est fortement érodée ces dernières années, à mesure que les plus pauvres ont quitté le département, remplacés par des ménages à hauts revenus. Les « cadres et professions intellectuelles supérieures » sont passés de 17,2% en 1999 à 22,4% en 2008.

Ce mouvement démographique s’est traduit par une hausse importante des prix des logements et des loyers.

Ainsi, 5% des ménages des Hauts-de-Seine vivent des situations de mal logement. Plus de 34 000 familles dont la situation justifie l’attribution d’un logement social ne parviennent pas à y accéder, et sont hébergés chez un tiers ou dans le parc privé, dépensant 40% de leurs revenus pour leur loyer. Et si la construction de logements sociaux a augmenté, celle des logements très sociaux reste trop faible pour répondre à la demande des plus défavorisés.

La directrice de la Caisse d’allocations familiales du 92, Caroline Gugenheim, a confirmé et affiné ce constat, en montrant que le taux d’effort des familles, c’est-à-dire le rapport entre la dépense en logement d’un ménage et son revenu, était de plus en plus important.

Pour un combat civique

Après cet état de lieux, sept forums ont permis à des élus, des membres d’associations, des travailleurs sociaux et des personnes mal logées d’approfondir plusieurs questions liées au logement. L’objectif : faire sortir de ces échanges des pistes d’action, que les porte-parole des différents forums ont ensuite relayées à la tribune.

C’est dans cet esprit de partage qu’une personne mal logée a été invitée à prendre la parole. Norbert touche le RSA et vit dans un squat à Sceaux. Depuis quelques semaines, il est membre du Conseil consultatif des personnes accueillies/accompagnées, une instance qui réunit autour d’une même table bailleurs sociaux, chefs d’entreprise et personnes mal logées : « le plus grand soulagement, c’est de pouvoir être entendu. Beaucoup de gens dans la rue n’osent pas parler, ils ont peur d’être abaissés. Moi j’ai décidé de me faire entendre », a-t-il dit sous des applaudissements nourris.

Paul Bouchet a conclu la journée dans une exhortation au combat civique : « Les lois n’ont pas manqué pour faire reconnaître ce droit nodal qu’est le droit au logement. Mais il faut maintenant le rendre effectif. Le combat doit être concret, commune par commune ».

C’est précisément sur le terrain des communes que se jouera la prochaine bataille, avec les élections municipales de 2014. L’occasion pour chacun de se mobiliser pour une politique de logement juste et solidaire.

Retrouvez toutes les informations sur le site de Campagne Logement 92

Marina Bellot
crédit : Elodie Perriot/Secours Catholique
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