Mali : le nouveau président investi

Publié le 19/09/2013
Mali
 

Un mois après une élection remportée haut la main, Ibrahim Boubacar Keita, le nouveau président malien, est investi officiellement aujourd’hui.

C’est dans un climat de liesse qu’est investi aujourd’hui à Bamako le nouveau président du Mali, élu le 11 août dernier avec près de 80% des voix.

À 69 ans, celui que l’on surnomme IBK est considéré comme un homme à poigne, seul capable d’affronter les nombreux défis qui attendent le pays.

Car c’est d’un Mali profondément traumatisé par 18 mois de crise politico-militaire qu’a hérité le nouveau président. Alors qu’après le coup d’État militaire du 22 mars 2012, le nord du pays était tombé aux mains d’une myriade de groupes aux intérêts divergents – Touaregs, islamistes et criminels en tous genres – le Mali a vécu ses heures les plus sombres avant d’être « libéré » par les soldats français de l’opération Serval en janvier 2013.

Sept mois plus tard, une étape essentielle sur le chemin de la transition démocratique a été franchie avec la tenue d’une élection pacifiée. « Les Maliens ont voté librement. Ils avaient conscience que le pays vivait un moment fort, à prendre au sérieux pour construire le Mali de demain », notait au lendemain du scrutin Théodore Togo, le secrétaire général de Caritas Mali, qui avait déployé 153 observateurs nationaux sur tout le territoire.

Réconciliation nationale

Alors que le nouveau président est investi aujourd’hui devant de nombreux chefs d’État dont François Hollande – très populaire au Mali depuis l’opération Serval – tout reste à faire.

Et le premier chantier d’IBK est celui de la réconciliation nationale, « la priorité des priorités » selon Théodore Togo. « Il faut arriver à créer un climat d’entente entre tous les Maliens – les différentes ethnies du Nord, les instances religieuses, les organisations de la société civile, les partis politiques… », détaille le secrétaire général de Caritas Mali.

Début septembre, IBK a envoyé plusieurs signaux dans ce sens : un ministère de la « Réconciliation et du développement des régions du Nord » a été créé, et celui des Affaires étrangères a été confié à un ex-rebelle.

IBK a également annoncé l’organisation d’« assises nationales du nord » censées mettre un terme aux rébellions touareg qui ont ponctué l’histoire du Mali depuis son indépendance.

Selon l’accord de Ouagadougou signé en juin avec les rebelles touaregs, le nouveau gouvernement a soixante jours pour entamer des pourparlers avec les groupes rebelles. Pour l’heure, « la situation sécuritaire dans le nord reste préoccupante », souligne Théodore Togo.

Législatives

Le président doit maintenant préparer des élections législatives, dont le premier tour devrait avoir lieu le 28 novembre prochain. « Nous sommes fortement sollicités par la CENI (commission électorale indépendante) pour déployer à nouveau des observateurs chargés de s’assurer du bon déroulement du scrutin », indique Théodore Togo. Dans cette jeune démocratie, le travail de sensibilisation en amont des élections est également capital : « Il faut informer les citoyens sur la nécessité de voter pour élire ceux qui auront à défendre leurs intérêts à l’Assemblée. »

Marina Bellot
©Tanya Bindra/EPA/MAXPPP
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