Migrants : Young Caritas Essonne fait le point avec le sous-préfet

Publié le 21/02/2014
Essonne
Migrants : Young Caritas Essonne fait le point avec le sous-préfet
 

Ils ont finalement pu s’entretenir avec le sous-préfet de Palaiseau comme ils l’avaient souhaité. Gaëtan Ziga et François-Marie Debont, respectivement responsable et animateur référent de Young Caritas Essonne, l’ont rencontré le 4 février. Daniel Barnier, le sous-préfet, a expliqué que les longues files d’attente étaient dues à des circonstances exceptionnelles et que tout était désormais rentré dans l’ordre. Voici des extraits de cet entretien.

Young Caritas Essonne : Des êtres humains continuent de dormir dehors la nuit afin de renouveler leur carte de séjour. Comment l’expliquez-vous ?

Daniel Barnier : Avant tout, sachez que nous rencontrons régulièrement le service migrant du Secours Catholique de l’Essonne. Il vient nous exposer de temps en temps des cas individuels. Nous essayons de traiter ces personnes avec humanité, dans la mesure de la réglementation applicable.

Nous sommes une sous-préfecture qui a une forte activité “étranger”. Elle représente le tiers des effectifs, soit une vingtaine d’agents. On délivre près de 11 000 titres de séjours par an.

Votre personnel suffit-il pour traiter tous ces dossiers ?

Nous avons le personnel qu’il faut. Depuis un an et demi, nous avons beaucoup investi sur la formation de nos agents et sur nos conditions d’accueil. C’est une volonté du ministre de l’Intérieur.

Nous avons ouvert en 2012 trois guichets et une salle d’attente. On a créé cette même année une section de contrôle qui valide les dossiers immédiatement s’il ne manque aucune pièce. Le titre de séjour part alors tout de suite à la fabrication. Mais nous n’avons pas pu le mettre en place ces derniers mois à cause d’un manque de personnel momentané. Il fonctionne maintenant depuis un mois et demi.

Vous avez commencez votre distribution au pic d’une période critique. Nous avons eu des personnes en congé maladie et en congé maternité. Recruter des vacataires ne se fait pas en trois semaines. C’est très long. En outre, les périodes de vacances sont souvent les plus difficiles. Les personnes étrangères ont tendance à venir au même moment.

Mis à part ces quelques jours entre Noël et le jour de l’An, on a régulièrement plus de tickets disponibles que de personnes qui se présentent. Or, le ticket, c’est la garantie de voir son dossier traité. Les situations difficiles que vous avez constatées cet automne et cet hiver sont terminées.

Que faites-vous pour améliorer les choses ?

Nous avons multiplié les procédures de rendez-vous pour les conjoints de Français, les parents d’enfants français, les scientifiques et leurs familles, les étudiants. C’est un premier pas.

Les personnes qui sont devant la sous-préfecture le matin ou la nuit sont des gens qui n’ont pas de rendez-vous. Ceux qui ont un rendez-vous n’ont pas besoin de faire la queue la nuit. Malheureusement, on en trouve toujours aux guichets le matin. Il suffit de venir 5 à 10 minutes avant le rendez-vous et se présenter au pré-accueil. Ça ne sert à rien de venir tôt le matin.

Le gardien de la sous-préfecture, qui ouvre les portes le matin, apaise régulièrement les tensions qu’on peut percevoir dans la file d’attente. Cette violence qui s’accumule toute la nuit pèse-t-elle sur vos agents à l’intérieur du bâtiment ?

C’est un métier difficile. Ça se passe bien avec 90 % des usagers. Mais comme dans toutes catégories sociales, il y a des gens un peu plus énervés que d’autres. À la période où vous avez commencé votre activité, on avait un stock de 1 400 dossiers non traités ; aujourd’hui on en est à zéro.

Une semaine plus tard, une équipe de Young Caritas Essonne s’est rendu le soir du 12 février à la sous-préfecture. Elle a constaté que des personnes faisaient déjà la queue devant le bâtiment à 21 heures. De nombreux immigrés y ont donc passé la nuit. Les jeunes de Young Caritas aussi.

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos : © Gaël Kerbaol / Secours Catholique-Caritas France
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