Mongolie : « Nous réfléchissons à la mise en place d’un bénévolat des jeunes »

Publié le 24/10/2014
Mongolie
 

La Mongolie, une destination surprenante pour le spécialiste du bénévolat des jeunes que vous êtes ?

Sans doute ! C’est à l’invitation du père Pierrot Kasemuana que je me suis rendu en Mongolie avec Armelle Rolland, chargée de projets au pôle Asie-Europe orientale du Secours Catholique. Lorsque je l’avais rencontré en mai 2014 en France, il m’avait dit vouloir introduire le bénévolat dans ce pays, valeur absolument inconnue de ses habitants. L’expérience des scouts français reçus par la Caritas l’année dernière à Oulan-Bator, la capitale, l’avait encouragé à s’engager sur cette voie en mettant l’accent sur le volet accompagnement des jeunes.

Comment implanter cette dimension d’engagement bénévole au sein de la culture locale en sachant que Caritas ne peut compter, au départ, que sur l’appui des quelque 1 000 catholiques présents dans le pays ?

Le “modèle” que nous avons en France n’est évidemment pas transposable en Mongolie. Ses habitants pensent d’abord à (sur)vivre – 30 % vivent en-dessous du seuil de pauvreté – avant de penser à s’engager comme bénévole. D’ailleurs, c’est une notion qui n’existe pas : il n’y a pas de culture bénévole.

Au regard de cette réalité, nous avons réfléchi au cours de de cette mission avec le père Kasemuana aux conditions de mise en place d’un bénévolat touchant les jeunes. Ce qui signifie dans une première étape l’organisation d’échanges entre jeunes envoyés, d’un côté, par Caritas Mongolie et ceux envoyés, de l’autre, par le Secours Catholique.

Cela dit, des Mongols vivent déjà des solidarités importantes qui améliorent le quotidien de personnes démunies.

En effet, les serres solaires, bâties avec l’appui technique de l’ONG française Groupe énergies renouvelables environnement et solidarités (GERES), à l’origine de l’innovation, de la Caritas et le soutien financier du Secours Catholique, en sont un exemple.

Une famille que j’ai rencontrée à Oulan-Bator, installée sur une terre qui lui appartient, parvient ainsi à la fois à subvenir à ses besoins alimentaires, à distribuer une partie de la récolte de légumes (tomates, concombres...) à d’autres familles et à vendre le surplus de la production sur le marché !

Quels projets envisagez-vous pour les prochaines années à partir des attentes du père Pierrot et en lien avec lui ?

Le père voudrait que des étudiants en travail social puissent, au-delà de la formation très théorique qui leur est donnée dans leur école à Oulan-Bator (un héritage de l’époque communiste, entre 1924 et 1992), découvrir par la pratique les difficultés quotidiennes de nombre de leurs compatriotes en faisant des stages au sein de Caritas et en s’y engageant comme bénévole.

En 2015, nous projetons d’accueillir 4 ou 5 jeunes Mongols en France pour les immerger dans nos réalités et les associer à l’Université d’été organisée par le Secours Catholique à Saint-Malo du 27 au 30 août. En 2016, il est prévu que des jeunes Français les rencontrent chez eux et s’investissent à leurs côtés, en lien avec la Caritas, dans la région de Uvurkhangai, à 400 km au sud de Oulan-Bator, au service des habitants qui utilisent les serres solaires.

Propos recueillis par Yves Casalis

© Pierre Thiriet/GERES
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