Réussite scolaire : l'importance de créer du lien

Publié le 04/09/2017
France
 

Chaque année 7 000 élèves sont accompagnés en France par les équipes bénévoles du Secours Catholique. Par delà le soutien à l'apprentissage, l'association mise sur la création de liens sociaux autour de ces enfants et adolescents pour favoriser leur réussite.

 

Casser le mur entre la maison et l'école

La réussite scolaire d'un enfant passe souvent par une bonne communication entre l'école et la famille. Mais pour certains parents, établir ce lien avec l'enseignant n'est pas évident.

« Dans les familles que nous accompagnons, beaucoup de parents ne sont pas conscients de l’importance d’aller voir l’instituteur ou les professeurs de leur enfant », constate Marc Gusse, référent « scolarité » du Secours Catholique dans les Vosges. Souvent embourbés dans des problèmes financiers, familiaux ou médicaux, parfois les trois cumulés, ils ont d’autres priorités.

Ce n’est pas toujours qu’une question de disponibilités, ajoute Luc Brégeon, coordinateur de l’accompagnement scolaire au Secours Catholique de Dijon : « On sent souvent une appréhension de leur part. Ils ne se sentent pas dans la capacité de répondre à ce qu’on attend d’eux, ils n’ont pas forcément envie qu’on voit leurs lacunes ou qu’on leur dise sans arrêt que leur enfant est en échec. »

D’autant plus, remarque Claire Eisele, animatrice du Secours Catholique en Moselle, que dans beaucoup de familles en difficultés, les parents ont eux-mêmes eu un rapport difficile avec l’école lorsqu’ils étaient enfants.

 

Certains parents ne se sentent pas dans la capacité de répondre à ce que l'école attend d'eux.

Luc Brégeon, bénévole à DIjon.

Cette question du lien entre parents et enseignants est majeure dans la lutte contre l’échec scolaire, estime-t-on au Secours Catholique. Pierre Hime, bénévole à Thionville, en Moselle, a toujours encouragé les parents d’Alejandro, un enfant de 10 ans qu’il accompagne scolairement, à aller voir sa maîtresse, « afin qu’ils soient au courant des problèmes que rencontre Alejandro en classe et puissent mettre en place des choses pour faire évoluer la situation ». 

À Épinal, Marc Gusse confirme : « Cela peut conduire, par exemple, à orienter l’enfant vers un spécialiste, comme un orthophoniste. »

Par ailleurs, constate le bénévole des Vosges, la rencontre entre les parents et l’enseignant a l’autre avantage de permettre à ce dernier de connaître le contexte social et familial, et de le prendre en compte. Cela évite parfois qu’il ne considère l’élève en échec que comme « un gamin qui ne veut pas travailler » et le mette de côté. 

Effet psychologique

Pour Claire Eseile, l’exclusion d’un enfant à l’école passe aussi par sa non participation aux activités extra scolaires - « les ateliers créatifs, les sorties culturelles ou sportives, la classe verte ou la classe de neige » - soit parce que ses parents n’ont pas les moyens, soit parce qu’ils n’en voient pas l’utilité.

« Or, ce sont des moments importants dans la vie de classe et, au delà, dans la construction et le développement de chacun, souligne l’animatrice. Pour que les parents comprennent cela et qu’ils osent, si besoin, faire une demande d’aide financière pour que leur enfant puisse participer, il faut qu’un lien de confiance existe avec l’enseignant. »

Pierre Hime évoque enfin l’effet psychologique qu’un tel lien peut avoir sur l’élève. « Le fait qu’il n’y ait plus de mur entre le monde de l’école et celui de la maison, le fait de voir que ses parents s’intéressent à sa scolarité, qu’ils sont en contact avec sa maîtresse, tout cela va le motiver. »

À Dijon, Luc Brégeon en est persuadé : « Des parents investis et un enseignant compréhensif qui communiquent, cela peut sauver une scolarité mal engagée. »

Benjamin Sèze
Crédits photos : ©Sébastien Le Clézio / Secours Catholique
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