Rio+20 : la société civile fédérée pour le développement durable

Publié le 15/06/2012
Brésil
 

Le Sommet des peuples s’est ouvert le 15 juin à Rio, prélude à la conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, qui se tiendra du 20 au 22 juin. Cinquante mille participants sont attendus. Parmi eux des membres du réseau Caritas et du Secours Catholique, pour imaginer un vrai développement durable, indispensable à la lutte contre la pauvreté dans le monde.

De nouvelles négociations ministérielles pour le développement durable se sont ouvertes mercredi 13 juin à Rio de Janeiro pour dix jours. Elles se prolongeront jusqu’au sommet officiel des chefs d’États et de gouvernements du 20 au 22 juin, où doit être défini un accord en discussion depuis des mois. À ce jour, seulement un tiers des propositions ont fait l’objet d’un consensus. « Nous n’avons aucune garantie d’accord », a reconnu le commissaire européen de l’environnement, Janez Potočnik. « Il s’agit du lancement d’un processus, et il y aura encore à faire après Rio, mais nous aimerions obtenir un niveau d’engagements crédible, irréversible, qui puisse faire comprendre qu’un changement est vraiment intervenu », a ajouté le commissaire Potočnik. Quelques 130 chefs d’États et de gouvernements, dont le président français, François Hollande, devront parvenir à se mettre d’accord sur un mode de développement durable. Toutefois, le président des États-Unis, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel, seront absents.

Appel à un changement de paradigme

Parallèlement, des milliers de militants de la société civile tiendront un sommet des peuples à Rio du 15 au 23 juin, espace de protestations contre le « capitalisme vert » prôné par la conférence officielle. Ces organisations l’accusent de mettre sur pied une autre étape d’accumulation capitaliste. « Nous appelons à un changement de paradigme, à une nouvelle civilisation d’amour pour l’humanité, qui place la dignité et le bien-être des hommes et des femmes au cœur de toute action », interpelle le réseau mondial Caritas, dont le Secours Catholique. La confédération internationale profite de sa présence à ce sommet pour réaffirmer sa priorité : la promotion du développement humain intégral et solidaire.

« Un nouveau cadre économique qui privilégie la notion de travail digne »

Caritas Internationalis est favorable à l’idée d’une économie verte, telle que prônée par l’ONU, mais à condition qu’elle « respecte les principes éthiques d’équité et de solidarité. » Elle rappelle que la doctrine sociale de l’Église appelle clairement à de nouveaux modes de distribution des richesses, de façon à privilégier la personne dans son intégralité. Caritas Internationalis estime que les principes du modèle centré sur le marché sont « contraires à cette demande ». « Le nouveau cadre économique ne doit donc pas être focalisé sur l’optimisation de la rentabilité, mais privilégier la notion de travail digne et rendre espoir, par-dessus tout, aux milliers de jeunes qui sont au chômage. » Elle demande donc l’élaboration d’un code de conduite pour une citoyenneté mondiale solidaire.

Par ailleurs, Caritas Internationalis demande à ce que la lutte contre la faim soit une réelle priorité pour les gouvernements et que les dirigeants s’engagent à réaliser sans attendre les Objectifs du millénaire pour le développement.

La conquête des ressources naturelles doit cesser

Enfin, la confédération dénonce la « conquête et l’exploitation des ressources naturelles », qui a pris le dessus et qui menace l’environnement et les communautés autochtones. Plusieurs militants écologistes ont dénoncé ce phénomène. Cela leur a valu la mort. Dernièrement, au Cambodge, un militant renommé de la cause environnementale, qui dénonçait le trafic de bois, a été tué. De même, aux Philippines, trente-six activistes ont été assassinés depuis 2007, dont sept en 2011. Parmi eux, le frère Fausto Tentorio, missionnaire de 59 ans, connu pour son engagement pour la protection des communautés indigènes de Mindanao, au sud des Philippines. Il protestait contre les dommages causés à l’environnement et aux autochtones par les industries minières. « La transformation incontrôlée du territoire pour le développement des activités humaines a des conséquences inéquitables, en ce sens qu’elles touchent principalement les groupes les plus pauvres et les plus défavorisés qui, la plupart du temps, ne sont pas responsables des pratiques à risque », dénonce Caritas Internationalis.

Pour transformer notre société, Caritas Internationalis et le Secours Catholique s’allieront à la société civile afin de porter leurs recommandations et propositions à Rio+20. Le Sommet des peuples devrait produire une trentaine de recommandations de la société civile, qui seront transmises aux chefs d’États et de gouvernements.

 

Clémence Richard (avec AFP)
Caritas Suisse/CI
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