Sahel : prévenir les crises alimentaires

Publié le 19/01/2015
Sahel
deux mains qui tiennent des grains de blé
 

La sécheresse est devenue permanente en zone sahélienne. Pour éviter la sévérité des crises alimentaires de ces dernières années, les Caritas, que soutient le Secours Catholique, misent sur la prévention.

 

« Depuis une trentaine d’années, les isohyètes [1] se déplacent vers le sud, explique Amir Jenane, chargé des urgences pour la zone du Sahel au Secours Catholique. Cela a des conséquences sur l’élevage et la déforestation. Cela a des effets négatifs sur la sécurité alimentaire. »

Entre Afrique centrale et Sahara, la zone sahélienne connaît des périodes de sécheresse de plus en plus rapprochées. Celle de 2011 a compromis la sécurité alimentaire de toute la zone pendant deux ans. Cette année, certaines régions du Sahel n’ont pas été convenablement arrosées, ce qui a affecté la production agricole et, par conséquent, l’alimentation des habitants de ces régions principalement situées au Sénégal, Mali et Niger. Pour les autres pays, comme le Burkina Faso, 2014 a été une année où la crise n’a pas nécessité d’intervention d’urgence du Secours Catholique.

La saison des pluies a lieu généralement entre juin et septembre. S’il ne pleut pas convenablement à cette période, il est facile de prévoir une crise alimentaire l’année suivante. « Les enquêtes menées dans ces régions démontrent que 40 à 60 % des habitants de certaines de ces zones sont très pauvres, affirme Amir Jenane. Quand la sécheresse empêche une récolte annuelle dans ces zones où il n’y a plus de stocks, ces personnes sont vite au bout du rouleau. »

Les gouvernements des pays sahéliens sont généralement trop faibles pour prévenir ces crises récurrentes. En accord avec les États, les stratégies de prévention doivent être travaillées au niveau des communautés, avec les ONG et les agences des Nations unies. Cette prévention suppose une veille permanente, un système d’alertes précoces et des données croisées entre États et organisations.

« Une des forces du Secours Catholique est d’avoir la capacité de mobiliser des ressources financières (fonds propres, appel aux dons, cofinancements) pour prévenir les crises, poursuit Amir Jenane. On peut mieux réagir contre les inondations mais c’est plus difficile contre la sécheresse. Cependant les inondations sont ponctuelles tandis que les efforts contre la sécheresse sont massifs puisque la zone sahélienne englobe cinq pays et plusieurs millions de personnes. » Le Secours Catholique travaille à renforcer les structures des Caritas du Sahel qui, dans le futur, auront à faire face aux mêmes urgences. « Nous savons qu’il y aura d’autres crises, conclut Amir. Quand ? Là est la question. »

Actuellement, le Secours Catholique finance – à hauteur de 460 000 euros– plusieurs programmes d’assistance alimentaire au Sahel. Au Mali, l’un des deux programmes vient renforcer les capacités d’intervention et de préparation aux urgences, l’autre vient au secours des ménages vulnérables et des personnes déplacées internes. Au Tchad, les programmes viennent en aide aux réfugiés centrafricains et aux Tchadiens de retour de Centrafrique. Au Sénégal et au Niger, l’assistance consiste en un appui à la résilience des populations victimes d’insécurité alimentaire.

 

[1] ligne imaginaire sur une carte météorologique reliant des points d’égales quantités de précipitations tombées en une période déterminée

Jacques Duffaut
Crédits Photos : ©Lisa Krebs/Caritas Suisse
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème