SIDA : l’espoir d’éradication entravé par le manque d’argent

Publié le 27/07/2012
Monde
 

La 19e conférence mondiale sur le sida, qui s’est tenue à Washington du 22 au 27 juillet, a été porteuse d’espoir. Toutefois, les participants, dont Caritas Internationalis, réseau international dont le Secours Catholique est membre, restent vigilants quant à la nécessité de continuer à financer la recherche et les soins.

Les progrès réalisés dans la lutte contre le sida depuis l’apparition de la maladie sont immenses. D’après un rapport de l’Agence des Nations unies de lutte contre le sida (Onusida), intitulé « Ensemble nous allons mettre fin au sida » et publié quelques jours avant l’ouverture de la conférence mondiale sur le sida, le nombre de nouvelles infections était en baisse de 21% l’an dernier par rapport au pic de l’épidémie de 1997. Le nombre de nouvelles infections chez les enfants de mères porteuses du VIH a diminué de 24% ces deux dernières années. Ces progrès sont attribués à l’accès au traitement antirétroviral des personnes malades. Parmi le 1,5 million de femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, 57% ont reçu des médicaments antirétroviraux efficaces pour prévenir la transmission du VIH à leurs enfants, contre 48% en 2010. Plus que jamais, les malades reçoivent la thérapie antirétrovirale. Plus de 8 millions de personnes dans les pays à revenus faibles et intermédiaires ont reçu un traitement en 2011, avec un taux de couverture atteignant 54%, soit 1,4 million de personnes de plus qu’en 2010.

Un pas vers un vaccin contre le sida

Par ailleurs, les premiers résultats d’un essai de vaccin en Thaïlande donne l’espoir de découvrir enfin un vaccin contre le VIH. De plus, trois études présentées le 26 juillet à la Conférence internationale sur le sida pourraient ouvrir la voie à une guérison de l’infection, ont estimé des chercheurs, tout en soulignant qu’il faudrait probablement plus de dix ans avant d’espérer une percée. « Pour la première fois, l’élimination de l’épidémie de sida est à portée de main », a déclaré, lors d’une table ronde, Mitchell Warren, directeur exécutif de la Coalition pour le plaidoyer en faveur du vaccin contre le sida (AVAC). Toutefois, l’insuffisance des fonds pour traiter toutes les personnes contaminées par le VIH dans les pays pauvres entrave l’espoir d’en finir avec le sida. Présents à la conférence mondiale, Mgr Robert Vitillo, conseiller spécial de Caritas Internationalis sur le VIH/Sida, et Aurorita Mendoza, bénévole, témoignent de ces difficultés sur le blog de Caritas Internationalis. «  La question suivante a été posée à chaque conférence : y aura-t-il des fonds suffisants pour soutenir les programmes contre le sida ? ».

La crise financière et économique, trouble-fête d’un avenir sans sida

Alors que les fonds nationaux consacrés à la lutte contre le VIH sont en hausse, les investissements internationaux sont restés à leurs niveaux de 2008. Le financement de sources intérieures publiques a augmenté de plus de 15% entre 2010 et 2011. Plus de 80 pays ont augmenté de plus de 50% leurs investissements entre 2006 et 2011, dépassant ainsi l’assistance internationale, en provenance des pays occidentaux et d’agences mondiales. Les principaux pays donateurs, à l’origine d’avancées majeures, sont aujourd’hui à court de liquidités et peu enclin à augmenter leur participation financière, du fait de la crise. Pour fournir des traitements aux 15 millions de personnes qui en auront besoin en 2015, le monde devra débourser 24 milliards de dollars (plus de 19,5 milliards d’euros) cette année, selon les estimations de l’Onu.

Les associations, acteurs majeurs de la lutte contre le sida

Rolake Odetoyinbo, directrice exécutive de l’organisation nigériane PATA (positive action for treatment access) a, quant à elle, insisté sur le rôle majeur des organisations de la société civile dans la lutte contre le sida. « Elles doivent s’approprier la riposte. Elles disposent du potentiel nécessaire pour jouer un rôle majeur dans le développement, la mise en œuvre et le suivi des stratégies nationales, mais il arrive souvent qu’elles ne soient pas bien accueillies par les gouvernements. Sans implication pleine et entière des organisations de la société civile, l’appropriation [de la riposte contre le sida] par le pays est impossible », a-t-elle affirmé. De fait, parmi les associations qui jouent un rôle majeur dans le recul du Sida, les Caritas, dont le Secours Catholique-Caritas France, y tiennent une place majeure. En effet, plus de 25% des actions menées dans le monde contre le sida sont assurées par les réseaux de l’Église et de Caritas. On estime que plus de 40% des personnes soignées en Afrique le sont par des structures liées à l’Église.

Le Secours Catholique, engagé dans la lutte contre le sida depuis plus de vingt ans, soutient ses partenaires locaux en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique Latine.

 

(avec AFP)
©ANDREW HARNIK/LANDOV/MAXPPP
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