Soudan du Sud : une trêve fragile

Publié le 24/02/2014
Soudan du Sud
 

À la mi-février, la situation au Soudan du Sud restait tendue, malgré le cessez-le-feu conclu entre les forces du président Kiir et celles de l’ancien vice-président Machar.

Le 20 février, la situation restait tendue dans la ville sud-soudanaise de Malakal, capitale de l’État pétrolier du Haut-Nil (nord-est), où l’armée se préparait à lancer une contre-offensive pour chasser les rebelles regroupés derrière l’ancien vice-président Riek Machar.

Selon des sources indépendantes, Malakal est à nouveau jonchée de cadavres. Les deux camps s’accusent mutuellement. Les rebelles dénonçant notamment la présence de soldats ougandais aux côtés de l’armée sud-soudanaise.

Depuis la mi-décembre, lorsque le pays s’est enflammé, la guerre que se livrent le président Salva Kiir et l’ancien vice-président a fait plusieurs milliers de morts et poussé 900 000 personnes à fuir leur foyer. La trêve conclue entre eux le 23 janvier n’a pas mis fin au conflit et les deux camps s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

En janvier, le correspondant de la Caritas britannique Cafod, Joseph Kabiru, était à Juba, la capitale. Il lui était impossible, écrit-il, de s’aventurer hors de la ville. Mais, au téléphone avec les partenaires d’Église de Malakal, principale ville de l’État du Nil supérieur, ses correspondants lui ont décrit des scènes insoutenables : des animaux se repaissant de cadavres, des corps flottant sur le Nil. L’hôpital de Malakal est submergé de monde. Et la nourriture vendue à des prix exorbitants dans les rues de Malakal provient du pillage d’agences humanitaires.

Dans leur appel à la paix, les évêques du Soudan du Sud demandent au parti au pouvoir, le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), de cesser ses querelles internes. Les Caritas sur place distribuent nourriture, eau potable et autres biens de première nécessité aux populations déplacées. Caritas Internationalis, pour les soutenir, appelle en urgence le réseau à trouver 2,9 millions d’euros pour venir en aide à 100 000 personnes dans les quatre prochains mois.

Jacques Duffaut
© Caritas Internationalis
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