SSF : hommes-femmes, une égalité à plusieurs vitesses

Publié le 25/11/2012
France
 

Les Semaines sociales de France, qui ont tenu leur session annuelle du 23 au 25 novembre au parc floral de Vincennes, abordaient cette année le thème « Hommes et femmes, la nouvelle donne ». Événement dont le Secours Catholique était partenaire.

Lors des cinquante dernières années, la relation hommes-femmes a beaucoup évolué en France. Face à ce constat, les organisateurs des Semaines sociales de France ont voulu mettre au jour la transformation profonde que cela a engendré pour les travailleurs, les familles, les couples, les enfants, la représentation politique…

Des siècles de domination masculine

« On revient de loin », ont constaté l’historienne Michelle Perrot, le sociologue Georges Vigarello, et l’inspectrice générale des affaires sociales Brigite Grésy. Vendredi matin, premier jour de conférences aux Semaines sociales de France, les intervenants ont rappelé que durant des siècles les schémas sociaux sur lesquels reposent la relation entre hommes et femmes ont été figés : un homme tout puissant, une femme dépendante socialement de lui. Les conférenciers ont ainsi pu noter que depuis plusieurs dizaines d’années l’accès à l’instruction et la possibilité de contrôler les naissances (par la contraception) ont transformé la condition des femmes en France. Celles-ci ont acquis une autonomie financière en accédant au monde du travail et se sont investies pour faire changer les lois encadrant leur statut juridique.

Ce combat des femmes, et particulièrement des féministes, a parfois mis en opposition les représentants des deux sexes. Beaucoup d’intervenants à la tribune ont avancé l’idée que le défi du XXIe siècle résiderait dans notre capacité à mener les prochaines batailles pour l’égalité des sexes… ensemble, hommes et femmes main dans la main.

Hommes-femmes, différents mais complémentaires ? Indispensables l’un à l’autre ? Très vite, les débats ont abordé la question du mariage pour les personnes de même sexe, de l’adoption par ces couples. Cette question n’a pas été tranchée : des intervenants ont développé un argumentaire soutenant la légitimité d’un « mariage pour tous », d’autres ont expliqué en quoi cette proposition représentait un danger à leurs yeux. La salle aussi été partagée, une partie des participants applaudissant les uns, le reste acclamant les autres.

À l’étranger

Quand on tourne le regard vers l’étranger, le contraste entre la situation des femmes européennes et celles vivant dans les pays en voie de développement choque. Comme l’a souligné la théologienne Véronique Margron : « Cet été, je suis allée quelques semaines en République démocratique du Congo, auprès des femmes du Nord-Kivu dont le quotidien est très dur et qui sont aussi victimes de viols et de violence. En revenant, on relativise à propos de certains sujets de société. »

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, a souligné que « la pauvreté est féminine et risque de l’être de plus en plus. » Khoudia Som, médecin et sociologue sénégalaise, a ainsi témoigné qu’aujourd’hui, les femmes de son pays commencent petit à petit à s’assumer financièrement et poussent alors leurs filles à aller à l’école. Viviane Reding a complété l’intervention de Khoudia Som en rappelant que de nombreux projets de développement s’appuient sur les femmes. Celles-ci plus facilement que les hommes, en obtenant par exemple un microcrédit, investissent pour avoir une ressource financière stable pour elles et leurs familles.

Hommes et femmes face à la pauvreté

L’inégalité des hommes et des femmes devant la pauvreté a été abordée lors de plusieurs débats. Et pas seulement à l’étranger : les équipes Ozanam ont proposé un atelier samedi après-midi sur ce sujet. La discussion a attiré une vingtaine de personnes, toutes engagées dans un combat contre la pauvreté. La conclusion a surpris quelques participants : « Quand je regarde l’échange que nous venons d’avoir, a noté Michèle, animatrice de l’atelier et membre d’une équipe Ozanam, il ressort que la pauvreté se féminise de plus en plus, que les femmes ont plus de difficultés à faire face à la vie dans la rue car elles sont plus en danger… mais que notre accueil en association, notre écoute, sont proposés de manière égale. »

 

Retrouvez tous les comptes rendus des débats des Semaines sociales de France sur leur site.

  • Les Semaines sociales de France :
    Fondées en 1904 dans le but de faire connaître la pensée sociale chrétienne et de contribuer au débat social, les Semaines sociales de France sont un lieu de formation, de débat et de proposition sur les grands enjeux de société. Elles sont connues pour leur session annuelle qui rassemble quelques milliers de personnes. Elles sont aussi présentes dans de nombreuses villes de France et ont développé une dimension européenne.
Sophie Lebrun
crédit : Christelle Lossois/Secours Catholique
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