Syrie : le régime brave la résolution de l’ONU

Publié le 17/02/2012
Syrie
 

L’armée syrienne continuait à pilonner la ville de Homs vendredi 17 février, malgré le vote, jeudi, de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies demandant l’arrêt de toute violence. Le Secours Catholique-Caritas France maintient son programme de soutien aux réfugiés irakiens en Syrie et apporte une aide humanitaire aux victimes des événements.

« C’est incroyable, c’est d’une violence extrême, on n’a jamais connu ça. C’est en moyenne quatre roquettes tirées à la minute », a affirmé à l’AFP Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne à Homs.

Au total, la répression en Syrie aurait fait plus de 6 000 morts depuis un an, selon des militants syriens des droits de l’homme, indique l’AFP depuis Beyrouth.

Soutien humanitaire

Le Secours Catholique et ses partenaires sur place poursuivent leur programme de soutien aux malades et handicapés irakiens réfugiés à Damas. Ils apportent par ailleurs, dans des conditions difficiles, une aide alimentaire et médicale à la population.

L’ONU pour une « transition démocratique »

La résolution votée à l’ONU jeudi 16 février par 137 voix, pour 193 pays membres, « condamne fermement la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes, comme l’emploi de la force contre des civils ».

Douze pays ont voté contre, dont la Chine, la Russie, Cuba, l’Iran, la Corée du Nord, le Venezuela. L’ambassadeur de Syrie à l’ONU a quant à lui dénoncé une résolution « tendancieuse et déséquilibrée ».

Sur le plan politique, le texte « soutient sans réserve » le plan de la Ligue arabe prévoyant une transition vers un « système politique démocratique et pluraliste ». Il invite l’ONU à nommer un envoyé spécial pour la Syrie.

Le régime maintient sa ligne dure

« La résolution du 16 février est sans effet sur Bachar el Assad », note Georges Leperchey, bénévole chargé de suivre la Syrie au Secours Catholique. Il continue à « user du marteau-pilon pour écraser la mouche, illustre-t-il. Mais la résolution l’isole et renforce la position des opposants. »

Par ailleurs, observe-t-il, « le régime est économiquement sous pression : vols arrêtés, tourisme réduit à zéro, restrictions aux frontières, blocage des transferts de fonds par le gouvernement lui-même ».

La population souhaite des élections

L’avenir s’avère compliqué avec la fragmentation de la population entre différents courants de l’islam, explique Georges Leperchey. « Les chrétiens minoritaires (10 % de la population) sont jusqu’ici protégés par le régime, mais dans les quartiers populaires, ils commencent à se poser des questions en voyant ce qu’endurent leurs amis et leurs voisins musulmans », précise-t-il. « La majorité sunnite de la population souhaite le départ de Bachar el Assad (qui appartient à la minorité alaouite), suivi d’élections », assure-t-il.

« La suite appartient à l’histoire de l’humanité, avec sans doute une période difficile que j’espère positive à long terme », présage Georges Leperchey.

 

François Tcherkessoff (avec AFP)
© Qin Haishi/Landov/Maxppp
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