Syrie : une roquette frappe un bureau de Caritas à Alep

Publié le 24/01/2014
Syrie
 

Pour la première fois depuis le début du conflit, l’un des bureaux de la Caritas syrienne a essuyé une attaque au lance-roquettes à Alep. Miraculeusement, elle n’a fait aucune victime.

Mercredi 22 janvier, à 16 heures, une roquette a frappé l’un des bureaux de la Caritas syrienne à Alep. Elle a traversé le bureau de l’équipe qui se charge des aides au loyer avant de terminer sa course, sans exploser, dans la salle d’attente des bénéficiaires. Miraculeusement, aucune victime ou blessé n’est à déplorer. Le père Toni Ghazzi, membre de Caritas Alep, s’apprêtait à ouvrir le centre lorsque la roquette a été tirée. Lui et quelques enfants présents se sont alors jetés à terre.

La responsable du projet logement, Mony Tayyar, et son équipe devaient être présents au centre à cette même heure. Mais ils avaient été retardés. « Au téléphone, Mony n’arrêtait pas de nous dire que c’est la providence divine qui les a sauvés », a raconté Mgr Antoine Audo, président de Caritas Syrie. Il n’y a pour l’heure aucun moyen de savoir si cet acte était délibéré ou accidentel.

Première attaque de cet ordre contre Caritas

C’est la première fois que Caritas est aussi directement attaquée en Syrie. Certains membres avaient été menacés par le passé, sans que cela ne se traduise dans les faits. Les membres du bureau d’Alep sont en théorie moins exposés aux attaques et aux prises d’otages que d’autres humanitaires puisqu’ils sont eux-mêmes Syriens. Il n’en n’est pas allé de même pour cinq employés étrangers de Médecins sans frontières, enlevés le 2 janvier dans le nord du pays.

La Caritas en Syrie se veut neutre et impartiale dans le conflit. Elle vient en aide à tous les Syriens sinistrés, qu’ils soutiennent le régime en place ou non, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. « Le principal facteur de sécurité pour une organisation humanitaire, outre les mesures habituelles – ne pas transporter de grosses sommes d’argent, modifier ses trajets… –, c’est son acceptation par les populations », rappelle Sébastien Dechamps, responsable des Urgences internationales au Secours Catholique. « Mais personne n’est à l’abri dans une ville en guerre. »

Programme d’éducation-pilote à Alep

Il y a quatre jours, Sébastien Dechamps était présent au Liban, où il avait rencontré Mgr Antoine Audo. « Le travail de la Caritas à Alep va en augmentant, souligne Sébastien Dechamps. Mais elle travaille aussi de plus en plus efficacement et aide des milliers de Syriens. » Il énumère ses actions : paniers alimentaires, aides aux réparations, médicaments…

La Caritas à Alep a en outre la particularité d’être la seule en Syrie à avoir mis en place un programme de bourses éducatives pour les jeunes élèves. « Caritas veut éviter qu’ils ne deviennent une génération perdue. »

Pierre Wolf-Mandroux
© Caritas Syrie
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