Une bénévole auprès des enfants roms

Publié le 10/04/2013
Une bénévole auprès des enfants roms
 

Janvier 2010. En rentrant de son travail, Florence est sollicitée par son père, bénévole au service Urgence du Secours Catholique des Yvelines, qui vient de recevoir un appel téléphonique des pouvoirs publics. Ces derniers ont besoin de renforts pour organiser l’accueil d’enfants haïtiens, rapatriés pour être adoptés à la suite du séisme. On attend entre 200 et 500 enfants qu’il faut récupérer dans les aéroports parisiens, avant que d’autres associations ne les prennent en charge afin de les accompagner dans leurs familles d’adoption.

Pendant dix jours, des enfants arrivent tous les soirs à Orly et Roissy avec une couverture de survie en guise de manteau. Une équipe de bénévoles se constitue pour leur trouver des vêtements et prendre soin d’eux toutes les nuits. Florence prend part activement à cette équipe, puis décide de faire partie du service Urgence du Secours Catholique.

Un an plus tard, en décembre, le service Urgence demande à ce que des bénévoles prennent en charge sur le long terme un camp de Roms qui se trouve au pied de la colline où habite Florence, dans les Yvelines. De vieilles caravanes jalonnent le campement, qui n’a pas d’arrivée d’eau. Le père de Florence, Jean-Pierre, a déjà connaissance de ce camp et commence à s’y investir.

Après être allée à la rencontre des familles roms, Florence ne dort plus de la nuit. «  Comment rester sans rien faire, dans son petit confort, tout en sachant qu’à 1 km de chez [soi] des familles entières vivent dans le dénuement le plus complet ? », se demande-t-elle.

Très rapidement, Florence et ses parents organisent le transport, pour que les enfants puissent se rendre à l’école, ainsi qu’une aide aux adultes (aide pour remplir les papiers administratifs et quelques soins basiques).

Puis vient l’idée de la bibliothèque de rue. Tous les samedis matin, une petite équipe de bénévoles se rend avec une caisse de livres sur le camp. Les débuts ne sont pas faciles. Les familles roms sont réticentes, car le samedi les enfants doivent aider pour nettoyer le campement et les caravanes. Les bénévoles se trouvent aussi confrontés à la question de la langue.

Petit à petit, les bénévoles et les familles apprennent à se connaître et à s’apprivoiser. Dès la troisième séance, les enfants accourent à la rencontre des bénévoles, puis vont fouiller leur caravane pour trouver des sièges et installer une bibliothèque en plein air pour écouter les histoires racontées par les bénévoles.

Aujourd’hui, les enfants ont fait énormément de progrès en langue française. Des rituels leur permettent de pratiquer le français régulièrement et les bénévoles n’y coupent pas : eux-mêmes doivent se présenter en roumain !

Chaque samedi, même s’il est parfois difficile de se motiver pour aller sur le camp, Florence revient toujours comblée et heureuse d’avoir apporté une heure et demie d’éclaircie dans la semaine de ces « bout’chous ». Pour elle, les conditions de vie dans le camp et cette pauvreté sont intolérables. Les soucis qu’elle rencontre dans sa vie personnelle lui paraissent alors dérisoires, et elle a vite fait de relativiser.

À plusieurs reprises, sa fille de 11 ans l’a accompagnée au camp. Sensibilisée, elle met régulièrement des petits cadeaux de côté pour que sa maman puisse les donner aux enfants roms, et demande aussi des nouvelles d’un tel ou d’un autre.

Retrouvez toutes les actions du Secours Catholique des Yvelines sur son site web et devenez, à votre tour, bénévole aux côtés de Florence.

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