Vacances solidaires à Calais

Publié le 01/07/2016
Calais
Vacances solidaires à Calais
 

Conjuguer ses vacances avec une activité humanitaire ? Plusieurs antennes du Secours Catholique – Caritas France proposent une à deux semaines solidaires à des jeunes de 15 à 35 ans. Comme à Calais où la demande dépasse l’offre.

Route de Saint-Omer à Calais, l’accueil de jour du Secours Catholique ressemble à une ruche en ébullition, en cette fin juin. Chaque pièce accueille des migrants venus demander de l’aide ou participer aux divers ateliers (vélo, jardinage, sculpture, cinéclub, etc.).

Dans la salle d’attente des demandeurs d’asile, trois jeunes filles donnent des cours de français individuels. Attentives et sérieuses, rien n’indique qu’elles sont en vacances.

« Je voulais me rendre compte par moi-même de la situation des migrants à Calais, explique Camille. J’ai recherché sur Internet les associations acceptant l’aide ponctuelle de jeunes. L’offre du Secours Catholique m’est apparue la plus intéressante à tous points de vue. »

 

Je voulais utiliser mon temps de façon intelligente

Aude

Camille, 18 ans, a grandi en Savoie. Sensibilisée très tôt à l’humanitaire par son père, elle avait monté dans son lycée une antenne jeune d’Amnesty international et organisé une semaine de solidarité internationale. Elle vient de passer son bac, elle n’a pas encore les résultats mais elle est sereine. En septembre, elle entrera à Sciences Pô Paris et elle n’entend pas perdre son temps d’ici là.

Camille est venue avec son amie Candice, 17 ans. Elle aussi attend les résultats du bac avec confiance et devrait rentrer à la Sorbonne en septembre prochain. « La crise des migrants est un sujet d’actualité, dit-elle. Je voulais venir et me rendre compte de la situation sans passer par les médias. Hier, pour la première fois nous sommes allées dans la “Jungle“. Pas facile. »

Avec Camille et Candice, Aude, 28 ans, est la troisième jeune fille venue passer une semaine solidaire à Calais. Bénévole à la délégation de Châlons-sur-Saône où elle accompagne quelques élèves en difficulté scolaire, elle aussi a voulu « utiliser (s)on temps libre de façon intelligente. » Diplômée en comptabilité gestion, Aude est actuellement en recherche d’emploi.

Pendant leur semaine, les trois jeunes filles ont participé aux activités récréatives et artistiques que l’équipe de Calais a mises sur pied. Sur la plage de Wissant, par exemple, où il y a un gisement naturel d’argile, elles ont accompagné trois Soudanais et un Afghan, lors d’un atelier de sculptures éphémères.

Mardi, elles ont participé à la journée hebdomadaire réservée aux femmes et aux enfants migrants. Les autres jours de cette semaine exceptionnelle, elles ont vécu des heures riches de rencontres, d’émotion, d’échanges et de partage qu’elles ne sont pas prêtes d’oublier.

 

diaporama : vacances solidaires à Calais

diaporama : Vacances auprès des migrants

Diaporama :

Vacances à Calais auprès des migrants

 

Hisham Aly : "Le planning était plein deux mois avant la saison"

Hisham Aly, 34 ans, Franco-égyptien, dentiste de formation, ancien vacancier solidaire, actuellement animateur à Calais et fortement impliqué auprès des migrants.

« L’an dernier, j’ai passé une semaine de vacances solidaires ici, à Calais, pendant que je préparais un mémoire sur les migrants. Quand j’ai su qu’un poste d’animateur était ouvert, j’ai immédiatement postulé.

Les vacances solidaires sont programmées sur les trois mois d’été, mais cette année, elles ont commencé en mai. Notre planning était plein deux mois avant le début de la saison.

Aux candidats, nous demandons une lettre de motivation à partir de laquelle nous avons une discussion. Nous vérifions si le contexte très particulier de Calais est connu. Nous détectons aussi les savoir-faire, les talents utiles à nos actions (danse, dessin, cuisine, cinéphilie, etc.)

 

La rencontre avec les migrants est une vraie richesse

Hisham

Le Secours Catholique offre l’hébergement et un défraiement pour la participation aux repas de 10 euros par jour.

Recevoir ces jeunes pendant leurs vacances nécessite un encadrement, c’est une responsabilité. Si nous avions plus de trois ou quatre personnes, ce serait compliqué. L’intérêt pour ces jeunes est de profiter à plein de nos actions et de s’impliquer auprès des migrants à travers nos nombreux ateliers (sculpture, photo, concerts, repas partagés, tables rondes, jardinage, cinéclub, cours de français, etc.).

La rencontre avec les migrants est une vraie richesse. Parfois, les jeunes solidaires s’attachent tellement qu’ils repartent en larmes. J’ai vécu ça l’an dernier. »

Jacques Duffaut
Crédits photos : ©Xavier Schwebel/Secours Catholique
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