Vacances solidaires : la seconde famille de Léo

Publié le 07/07/2015
Riaillé
Vacances solidaires : la seconde famille de Léo
L’une des grandes passions de Léo : aller chercher les oeufs dans le poulailler.
 

Chaque année, l’Accueil familial de vacances organisé par le Secours Catholique permet à des enfants comme Léonardo, 7 ans, de vivre des moments de détente loin de leur quotidien. Reportage dans une famille accueillante de Loire-Atlantique.

« Claudine ! Claudine ! » Les cris joyeux de Léonardo, 7 ans et demi, résonnent dans la vaste maison des Gicqueau, à Riaillé, jolie bourgade sur les bords de l’Erdre, en Loire-Atlantique. C’est la troisième année que le garçonnet, qui vit avec sa mère et ses frère et sœur à Grigny, dans l’Essonne, y vient en vacances dans le cadre du dispositif AFV du Secours Catholique. Le temps du séjour, il ne se départit jamais de son sourire radieux et d’une énergie débordante, sous le regard attentif et complice de Claudine et Jean-René, sa famille de vacances. « Quand il est arrivé la première fois, il était speed ! Une vraie petite bombe ! se souvient Claudine. Petit à petit, il se pose. »

Cette jeune retraitée de l’enseignement, dont les quatre enfants ont quitté la maison, s’est lancée dans l’aventure pour « ne pas rester inactive » aux côtés de son mari, artisan-peintre. Le petit « Léo », « très demandeur », occupe pleinement ses journées. Au programme, balades dans la campagne, piscine, escapades à la mer, pâtisserie, karaoké, balançoire ou vélo. Mais la plus grande passion de Léo se trouve au fond du jardin : dans l’enclos à poules, où il se plaît à ramasser les œufs.

La confiance au quotidien

« Au début, je pensais qu’il fallait lui proposer des activités nouvelles tous les jours, raconte Claudine. Mais en fait, des choses simples suffisent. C’est le quotidien que l’on partage avec lui. » Si détente et plaisir sont les maîtres-mots, le respect des règles et les petits rituels comme l’histoire du soir font partie intégrante de ce quotidien. « Nous ne sommes pas là pour l’éduquer, mais pour lui montrer autre chose que ce qu’il vit, lui apporter des repères, notamment familiaux », explique Jean-René.

Léonardo partage ainsi de nombreux moments avec les enfants et petits-enfants du couple. Après des débuts un peu mouvementés où chacun a dû prendre ses marques, la confiance s’est installée. « Un vrai lien est en train de se tisser. Quand on le ramène au car, à la fin du séjour, je sens ses petits doigts se serrer autour de ma main », s’émeut Claudine. Les Gicqueau espèrent accueillir le jeune garçon longtemps encore. « Nous lui avons déjà demandé : tu viendras nous voir quand tu seras grand ? » rapporte Jean-René. Une chose est sûre, quand on interroge Léo sur ce qu’il préfère chez sa famille de vacances, la réponse fuse : « Je préfère tout ! »

 

 

Les vacances de Léo

Les vacances de Léo
Les vacances

de Léo

 

Éclairage : « L’accueil est une rencontre humaine »

Joseph Debroise, responsable de l’activité AFV au sein de la délégation de Loire-Atlantique, recrute et accompagne avec son équipe les familles de vacances du département.

« Le plus important, c’est la disponibilité », souligne Joseph Debroise qui, depuis sept ans, suit les familles volontaires du département : jeunes couples avec ou sans enfants, retraités... « Il faut aussi accepter l’enfant tel qu’il est, avec ses différences de culture, ses difficultés scolaires... et le valoriser, l’encourager. » Pas question, bien sûr, de se substituer aux parents ou de les juger. « Il s’agit de proposer un cadre de vie et des activités qui motivent l’enfant et qu’il pourra raconter, poursuit le responsable, comme apprendre à faire du vélo, à nager... »

Le respect, l’écoute et l’ouverture d’esprit sont d’autres préalables à cette expérience, dont les bénéfices sont partagés. « Pour les parents de l’enfant, c’est une pause pour souffler, chercher du travail... L’enfant, lui, rentre apaisé, reposé, explique Joseph Debroise. Pour la famille de vacances, c’est souvent la découverte de la différence et l’expérience du partage. » En cas de problème, le réseau de bénévoles vient en soutien, disponible 24 h sur 24 h si besoin. « L’accueil est une rencontre humaine, avec sa part de risque, reconnaît Joseph Debroise. Un accueil réussi est un accueil qui se prolonge et où un vrai lien se crée. Par la suite, certains enfants devenus adultes reviennent voir leur famille de vacances, à l’occasion d’un mariage ou d’une naissance. »

Clarisse Briot
Crédits photos : Gaël Kerbaol/Secours Catholique
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