À Calais, le Secours Catholique soutient les réfugiés syriens

Publié le 07/10/2013
Calais
À Calais, le Secours Catholique soutient les réfugiés syriens
 

Vous êtes auprès des réfugiés depuis le début de leur sit-in. Quelle est la situation sur place ?

Il s’agit d’un sit-in pacifique, les réfugiés syriens ne sont pas du tout violents.

La nuit s’est déroulée dans le calme. Nous avons eu des duvets par Médecins du Monde, et le Secours Catholique a fourni des couvertures. Ce matin, des bénévoles ont apporté du thé et du café pour les femmes et les enfants. Les hommes, eux, ne mangent pas depuis hier 14h.

Actuellement, il commence à pleuvoir donc on est en train de négocier avec la police le droit de monter une installation de bâches qui ne gêne pas le passage. La police espère que la pluie va les faire partir mais ils sont très déterminés. Ils ont vu que leur appel prenait un peu d’ampleur, avec notamment la présence de quelques médias ce matin, et ils comptent donc poursuivre le sit-in, d’autant que le directeur du port ne souhaite pas porter plainte pour l’instant.

Pour nous associations c’est important d’être là car les policiers sont plus respectueux, on joue les intermédiaires. Hier par exemple, la police ne voulait pas qu’une femme enceinte et une femme âgée puissent accéder aux toilettes du port...

Que réclament les réfugiés syriens ?

Leur espoir est de passer en Angleterre, où les demandes d’asile sont beaucoup plus rapides qu’en France. Ils dénoncent leurs conditions de vie en France et cherchent à établir un dialogue avec les autorités britanniques pour obtenir un moyen légal d’entrer dans le pays, sans mettre leur vie en danger. Beaucoup d’entre eux ont pris des risques en passant la frontière dans des camions frigorifiques ou transportant des produits chimiques.

Quelles sont leurs conditions de vie à Calais ? Qu’attendent les associations des autorités françaises ?

Ils sont à la rue, dès qu’ils trouvent un squat ils en sont expulsés et sont donc obligés de s’entasser jusqu’à dix dans des tentes de quatre places. Nous demandons au minimum une amélioration des conditions d’accueil, l’arrêt du harcèlement policier et la prise en compte des principes d’humanité.

Pour être avec eux depuis hier après-midi, je peux vous dire que certains policiers tiennent des propos méprisants voire racistes. Les réfugiés nous disent que quand on n’est pas là c’est encore pire, cela va jusqu’aux coups.

Propos recueillis par Marina Bellot

© Secours Catholique
Deux femmes discutent
Plus d'informations
Migrants
# sur le même thème