Agroécologie : une solution contre la faim et le dérèglement climatique

Publié le 26/05/2015
Amérique latine
Agroécologie : une solution contre la faim et le dérèglement climatique
 

Le Secours Catholique-Caritas France, aux côtés de la société civile, encourage le développement de l’agroécologie, l’une des meilleures solutions, selon lui, pour lutter contre la faim et les changements climatiques.

« Alors que plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, l’agroécologie semble être l’une des solutions pour lutter contre l’insécurité alimentaire et améliorer la qualité de l’alimentation », affirme Carlos Benejam-Molero, bénévole au département Plaidoyer international du Secours Catholique-Caritas France. Cette agriculture mise sur l’intensification des productions naturelles, c’est-à-dire des matières organiques, qui sont autant d’espaces de stockage de carbone supplémentaires.

Ce modèle permet aux exploitants agricoles de moins dépendre des pesticides et donc de faire des économies.  Nécessitant une main-d’œuvre importante, il favorise également la création d’emplois. « Mais, assure Carlos Benejam-Molero, elle ne coûte pas plus cher que l’agriculture industrielle, modèle dominant de nos jours qui émet une quantité importante de gaz à effet de serre (GES). »

Une agriculture plus résistante aux aléas climatiques

Par ailleurs, il est prouvé que les exploitations agroécologiques, parce qu’elles développent la biodiversité et les écosystèmes locaux, résistent mieux aux catastrophes naturelles que celles qui pratiquent la monoculture. Ainsi, au Nicaragua, après l’ouragan Mitch en 1998, il s’est avéré que les parcelles cultivées selon des méthodes agroécologiques avaient perdu en moyenne 18 % de terres arables de moins que les autres et avaient été beaucoup moins touchées par le ravinement.

En Bolivie, l’agroécologie fait ses preuves

En Bolivie, au cœur de l’Amazonie, le Centre de recherche et de promotion des paysans (Cipca), avec le soutien du Secours Catholique-Caritas France, développe depuis plusieurs années des projets d’agroécologie en vue d’améliorer la sécurité alimentaire des familles paysannes et indigènes et de réduire les ravages environnementaux auxquels elles sont confrontées. En effet, non seulement la région souffre des effets du dérèglement climatique, mais elle pâtit aussi des influences néfastes sur l’environnement de l’agro-industrie et de l’extraction des ressources naturelles, auxquelles les pouvoirs publics laissent le champ libre.

« Les modèles agroécologiques développés par Cipca misent sur une diversification des activités agricoles : agriculture biologique, petit élevage, apiculture, pisciculture, cueillette de produits forestiers. Par ailleurs, les producteurs apprennent avec Cipca à transformer leurs produits agricoles pour les commercialiser. Par exemple, ils transforment le cacao en chocolat », explique Pierre Keller, délégué du Secours Catholique du Rhône, qui s’est rendu sur place en avril dernier avec des membres des délégations de l’Ain, de l’Isère et de la Loire.

« L’idée est de préserver la biodiversité locale et d’augmenter les capacités économiques des communautés paysannes et indigènes. »Dans ces projets d’agroécologie, Cipca accorde aussi une importance fondamentale à la participation citoyenne dans le but d’augmenter le pouvoir collectif des communautés. Ainsi, elles ont participé à l’élaboration de politiques en faveur du développement durable en milieu rural. « Une approche de la participation citoyenne dont nous souhaitons nous inspirer », confie Pierre Keller.

Clémence Véran-Richard
Crédits Photos : © Elodie Perriot/Secours Catholique
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