Alexandre Bosc : « L’art est porteur d’espérance pour les plus pauvres »

Publié le 04/06/2013
France
 

La cité phocéenne accueille jusqu’au 8 juin des événements organisés par le Secours Catholique, à travers la Caravane de la Fraternité. Rencontres artistiques, parades, concerts, etc. : tout est mis en place pour qu’un maximum de personnes puissent profiter d’activités culturelles. Alexandre Bosc est l’animateur en charge de ce projet. Nous l’avons interrogé sur les bienfaits de l’accès à la culture pour les personnes les plus fragiles.

Comment est née la Caravane de la Fraternité ?

« La Caravane de la Fraternité » s’est inspirée des orientations du Secours Catholique, à travers les thèmes de la fraternité, des rencontres et des projets d’avenir. L’expression culturelle, quel beau levier pour vivre ces orientations et faire bouger les regards ! Nous proposerons ainsi des temps de rencontres, de fête et de créativité. Ces événements oseront balayer les étiquettes qui nous sont souvent collées à la peau (origines, situations par exemple) et célébreront l’humanité que chacun porte en soi.

En quoi l’accès à la culture est-il important ?

L’accès à la culture, c’est voir le monde avec un autre regard. Un regard neuf, personnel, unique et lavé des formatages. La culture est importante, même vitale. Elle fait grandir l’homme dans son humanité et l’aide dans sa construction. Un homme est un être de sens. Les plus pauvres, comme les autres, ont besoin de renouer avec le sens.

Qu’entendez-vous précisément par « culture » ?

Quand nous parlons de la culture, ce n’est pas nécessairement aller au musée. Bien sûr que nous pouvons y aller si cela peut ouvrir l’âme et le cœur. Mais l’accès à l’expression et à la pratique culturelle est tout aussi primordial. Ce week-end, un pianiste a joué quelques notes avec les enfants d’un des quartiers marseillais. Ces derniers étaient assez récalcitrants au début mais ont finalement joué le jeu. Chacun a ouvert son cœur à l’autre pour ce faire. Bref, tous étaient acteurs. C’est ça la culture.

Qu’apporte l’accès à la culture aux personnes en situation de précarité ?

Lorsque les personnes les plus pauvres se saisissent de la culture, elles deviennent pleines d’espérance. La fraternité, cela ne se pense pas, cela s’éprouve. Imaginons : j’ai fait l’expérience de la rencontre fraternelle aujourd’hui. Celle-ci m’a nécessairement bouleversé. Dans la rencontre, j’ai en effet trouvé quelque chose que je n’aurais jamais trouvé par moi-même. C’est inconfortable au début mais devient un réel plaisir par la suite. La culture peut également changer les rapports entre les personnes. J’ai le souvenir en particulier d’une sortie en famille. Exit les rapports d’autorité, il s’agissait là, simplement, de vivre ensemble.

Existe-t-il aujourd’hui des obstacles quant à l’accès à la culture ?

Aujourd’hui, nous ne parlons que de problèmes techniques et économiques. Hors, ce qui devrait nous préoccuper est le chemin de la vie. La crise que nous traversons n’est pas économique. C’est une crise de l’homme qui a perdu son chemin. La « Caravane de la Fraternité » est une des nombreuses initiatives lancées qui consiste à le retrouver, en toute simplicité.

Aurélien Tournier
© DR
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