Appel d’urgence pour les Philippines : « l’aide est encore insuffisante »

Publié le 18/11/2013
Philippines
Appel d’urgence pour les Philippines : « l’aide est encore insuffisante »
 

Une réunion de coordination s’est tenue ce lundi avec les Caritas présentes sur place et les différents diocèses pour définir les prochains objectifs et lancer un programme d’urgence de trois mois auquel participe le Secours Catholique. Ryan Worms, de Caritas Canada, y a assisté.

Quel est l’état de la situation sur place, dix jours après le passage du typhon ?

L’ampleur de la catastrophe s’étend au fur et à mesure que l’information nous parvient. Il faut vraiment en prendre conscience. C’est terrible. Nous revoyons les mêmes images que lors du tsunami au Japon, ou du séisme à Haïti. À Ormoc, qui n’est pas la ville la plus touchée, toutes les habitations sont à terre, y compris celles qui ont été construites en dur ont subi des dégâts majeurs. À Palo, ce sont 95 % des bâtiments qui ont été détruits. Et dans certaines zones inaccessibles, les habitants n’ont encore rien reçu. Les besoins primaires doivent donc encore être comblés.

Il nous faut de l’eau, de la nourriture, des abris, et des médicaments. Par ailleurs, le bilan fait désormais état de 13 millions de Philippins affectés et de 4 millions de déplacés. Des centaines et des centaines de milliers d’habitations ont été dévastées et seulement 350 000 personnes ont pu être accueillies dans des centres d’évacuation.

Quels sont les principaux obstacles que rencontrent les équipes de Caritas sur le terrain ?

Ici, on manque d’essence, on manque de camions. Il y a des problèmes d’organisation logistique au niveau des vols internationaux, d’acheminement et de coordination. Tout cela ralentit l’arrivée de l’aide. Toutes les structures ont été touchées. Les organismes d’État mais aussi les églises. La distribution est donc très difficile à organiser.

Il faut trouver des lieux sécurisés pour implanter nos plateformes. Ce n’est pas évident, parce que toutes les rues, les quartiers sont remplis de débris et de corps. On commence tout juste à donner des bâches et des lots alimentaires. Certains diocèses achètent des biens de première nécessité avec l’argent envoyé. On construit des fosses communes derrières les églises. Et on organise des cérémonies pour offrir un minimum de dignité aux victimes. Nous formons aussi des bénévoles pour aider les survivants à fabriquer des abris et pour aider à déblayer les villages touchés. Peu à peu, nous nous structurons. La réunion d’aujourd’hui nous a permis de franchir une nouvelle étape et de définir les besoins dans chaque diocèse.

Que vous disent les Philippins que vous rencontrez ?

Ils me racontent l’épreuve terrible qu’a constituée ce typhon. Les Philippins sont habitués à subir de fortes tempêtes, mais ils me disent qu’ils n’imaginaient pas que ce serait si violent, qu’ils ont été surpris par la force de ce typhon. C’est un traumatisme énorme, mais on sent aussi chez eux une forme de résilience et beaucoup de courage.

À certains endroits, l’activité a repris. Hier, j’ai rencontré une grand-mère de 75 ans qui a emprunté vingt-cinq dollars pour se fabriquer un étal de fruits et légumes devant sa maison en ruines, pour venir en aide à ses enfants et petits-enfants. Elle va de l’avant. Et comme elle, toute la population s’active. Malgré tout, il va falloir des années de réhabilitation pour revenir à un semblant de vie normale. Tous les moyens de subsistance ont été détruits, les bateaux des pêcheurs, les commerces… Cela va être très long.

Concepcion Alvarez
© Caritas Philippines/NASSA
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