Assises du développement et de la solidarité internationale : et les droits sociaux ?

Publié le 04/03/2013
France
 

Après quatre mois de débats, les Assises du développement et de la solidarité internationale se sont achevées vendredi 1er mars. Lors du discours de clôture de François Hollande, le Secours Catholique a déploré l’absence de prise en compte du développement social.

« La dernière concertation de ce type date de 1997. » Autant dire que pour Jacqueline Hocquet, responsable Animation et plaidoyer internationaux du Secours Catholique, les Assises du développement et de la solidarité internationale étaient un rendez-vous important.

Proposées par Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, elles ont rassemblé du 5 novembre 2012 au 1er mars 2013 à Paris, près de 600 participants. Parmi eux, des ONG, dont le Secours Catholique, des collectivités territoriales, des syndicats, des chercheurs, des entreprises et des élus. L’objectif était d’établir, autour de tables rondes, des liens entre les acteurs français du développement et les pays dits « du sud », ainsi que de déterminer la politique à mener pour lutter contre la pauvreté. Pourtant, pour Jacqueline Hocquet, ces Assises ont oublié un enjeu important de la coopération Nord-Sud : « La partie sociale du développement a été mise de côté. »

Le développement et la dignité

Lors de son discours, vendredi 1er mars, le président de la République a fixé les trois objectifs nécessaires à une « politique ambitieuse de développement » pour les pays pauvres : essor économique, sécurité pour une instauration durable de la paix et préservation de la planète. « Lorsque l’on pense développement au Secours Catholique, on pense bien évidemment bien-être, dignité, commente Jacqueline Hocquet. Mais la dimension sociale va plus loin que la paix et la sécurité au sein des Etats. Il aurait fallu que le Président envisage de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté, qu’il parle de travail décent plutôt que de développement économique par exemple. »

Un des exemples le plus frappant pour elle est le quasi silence autour des droits de l’homme. « Ils n’ont été abordé qu’à travers le regard économique, en parlant de la corruption. Pourquoi ne pas avoir envisagé une base de droits fondamentaux pour toute la planète ? »

Les différents chantiers thématiques – sur la mise en place d’une aide transparente, la recherche de cohérence des politiques publiques, le lien entre acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, les enjeux de l’innovation et la vision du développement post-2015 – ont cependant permis de rendre compte de certaines avancées comme la diminution des chiffres bruts de la pauvreté.

Un projet de loi à l’automne

Jacqueline Hocquet, qui souligne aussi des évolutions positives dans les secteurs de l’éducation, de la santé avec par exemple la lutte contre le sida, était donc particulièrement surprise de voir que le progrès social, entièrement lié à la notion de développement, n’a pas été pris en compte dans le cadre des réflexions sur l’après-2015.

Pour sa part, François Hollande a indiqué qu’un projet de loi de cadrage et d’orientation sur la politique française du développement et de la solidarité internationale serait élaboré à partir des conclusions de ces assises dès cet été, puis débattu à l’automne au Parlement pour une adoption en 2014.

Dans le contexte économique actuel, l’absence d’annonce budgétaire n’a guère surpris. Néanmoins, Jacqueline Hocquet a souligné que le Secours Catholique sera particulièrement attentif à la prochaine Loi de finances, prévue pour septembre, et qui conditionnera en grande partie la politique à mener en matière de développement.

 

Natacha Milleret
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