Bidonvilles : les associations rencontrent le Premier ministre

Publié le 14/05/2013
France
 

Mardi 14 mai, les représentants des collectifs Romeurope et des Associations unies pour une nouvelle politique du logement – auxquels participe le Secours Catholique –, ainsi qu’Amnesty International rencontrent le Premier ministre. Objectifs : dénoncer le discours et l’absence de mesures du gouvernement vis-à-vis des bidonvilles.

« Tant qu’il y aura des populations exclues et discriminées vivant dans les conditions indignes que nous connaissons encore en France, une politique publique d’accompagnement vers le droit commun dans tous les domaines (social, scolaire, logement, santé, travail) est nécessaire. » C’est ce que, le 27 mars 2012, le candidat François Hollande affirmait aux associations soutenant les populations vivant dans les bidonvilles en France. Plus d’un an après, ces dernières constatent que les promesses du désormais président de la République peinent à être appliquées.

Mardi 14 mai, plusieurs de ces organisations, parmi lesquelles le collectif Romeurope et le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement, dont fait partie le Secours Catholique, ont rendez-vous avec le Premier ministre. Cette rencontre interministérielle a pour objectif de faire le point sur l’une des mesures prises par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault pour les habitants des bidonvilles : l’application de la circulaire dite « du 26 août ».

Celle-ci préconise normalement « d’associer étroitement les collectivités territoriales concernées ainsi que les associations susceptibles d’apporter un concours de toute nature dans l’accompagnement des personnes ». En outre, elle impose aux pouvoirs publics de procéder à un diagnostic social, avec solutions d’hébergement, en cas de démantèlement d’un bidonville.

« Déplacer les bidonvilles ne règle rien »

Or, sur le terrain, le collectif Romeurope a comptabilisé depuis janvier 2013, pas moins de 36 évacuations de lieux de vie. À chaque fois les collectifs et associations constatent des diagnostics incomplets ou inexistants, et aucune proposition de relogement ou d’hébergement pérenne à la suite des évacuations.

« Déplacer les bidonvilles ne règle rien mais aggrave la situation », constate François Soulage, président du Secours Catholique qui doit intervenir lors de la réunion avec le Premier ministre.

Sans compter, pour lui, que certains membres du gouvernement prennent de plus en plus pour cibles une ethnie en particulier, quand ils se réfèrent à la question des bidonvilles en France. « Ce sont des citoyens européens très précaires qui habitent ces lieux, ils ne devraient pas être stigmatisés ainsi par des ministres de la République », insiste François Soulage en rappelant les propos de Manuel Valls sur « les Roms [qui] ne veulent pas s’intégrer ».

« Il n’y a pas de place en France pour une politique publique ciblant une communauté sur la base de l’appartenance ethnique réelle ou supposée de ses membres », explique encore le président du Secours Catholique, craignant les débordements qui peuvent en découler.

Depuis longtemps, le Secours Catholique est engagé dans le suivi des familles vivant dans les bidonvilles pour les accompagner vers une solution de logement plus pérenne et surtout, plus digne. Ainsi, à Marseille, la délégation s’est lancée dans la réalisation des diagnostics sanitaires préconisés par la circulaire du 26 août, à la demande de la préfecture. Elle réfléchit actuellement à un partenariat avec l’Association des Cités du Secours Catholique pour héberger les habitants d’un bidonville dans une maison diocésaine.

Ailleurs, le travail est plus difficile comme en Essonne : comment proposer un suivi pour trouver un emploi, maintenir une scolarité ou accompagner des familles quand celles-ci sont dans une incertitude constante concernant leur logement ?

 

Sophie Lebrun
© G. Kerboal/Secours Catholique
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