Birmanie : l’appel des ONG

Publié le 15/06/2015
Birmanie
Birmanie : l’appel des ONG
 

Le 8 juin 2015 a marqué les quatre ans du conflit entre le gouvernement birman et les indépendantistes de l’État Kachin et du nord Shan. Malgré la signature, en mars 2015, d’un accord préalable à un cessez-le-feu, les offensives militaires se poursuivent. Le Secours Catholique-Caritas France soutient l’appel à l’aide d’une coalition d’associations locales face à une crise tombant dans l’oubli.

Si l’attention médiatique est retombée depuis les promesses de paix entre le gouvernement birman et les groupes rebelles, la crise continue de s’enliser et la situation humanitaire demeure critique. Les 13 et 14 mai 2015, l’armée birmane a lancé une offensive aérienne contre les rebelles du Kokang, dans la région du Shan, frontalière avec la Chine.

120 000 déplacés internes

Outre les victimes birmanes, des « tirs perdus » en Chine ont également provoqué la mort de civils chinois. Depuis la reprise des hostilités en 2011 entre les groupes rebelles et l’armée birmane, les associations locales ont dénombré plus de 120 000 déplacés internes répartis dans 167 camps à travers les États du Kachin et du nord Shan.

Les camps de réfugiés se dégradent

Le gouvernement birman continue de restreindre l’accès humanitaire aux zones contrôlées par les rebelles. Avec l’espoir suscité par les négociations de paix, le montant des aides destinées aux acteurs humanitaires a diminué alors que la situation reste instable, que le contexte sécuritaire ne permet pas le retour des familles et que les conditions de vie dans les camps de réfugiés se dégradent. De plus, le contexte politique rend peu probable un réel changement démocratique à l’occasion des élections générales de 2015.

Respecter le droit international humanitaire

Neuf associations birmanes se sont regroupées depuis le début de la crise afin de coordonner leur aide humanitaire et assurer une meilleure protection des personnes déplacées. Dans un appel conjoint, elles demandent aux acteurs du conflit de respecter leurs engagements dans le processus de paix et rappellent l’importance de la réponse humanitaire d’urgence aux victimes du conflit :

  • Pour une paix durable, la société civile et les citoyens doivent pouvoir prendre part aux processus de paix.
  • Les parties prenantes au conflit doivent respecter les principes du droit international humanitaire en temps de conflit et ce jusqu’à ce que les personnes déplacées puissent retourner sur leurs terres.
  • La protection des personnes déplacées doit être assurée, notamment en autorisant l’accès des ONG aux victimes du conflit et en ne plaçant pas de postes militaires à proximité des camps.
  • Les violences à l’encontre des femmes et des jeunes filles doivent immédiatement prendre fin et les crimes commis devront être jugés. Il est indispensable que les parties prenantes au conflit confirment leur volonté d’instaurer la paix, la signature d’un cessez-le-feu n’étant qu’une étape. Le retour à la normale pour les populations déplacées risque d’être encore long.
 

 

Crédit photo : © Caritas Internationalis
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