Birmanie : les ONG dénoncent la levée des sanctions par l’UE

Publié le 24/04/2013
Birmanie
 

L’Union européenne a décidé de lever l’ensemble des sanctions à l’encontre de la Birmanie. Une décision dénoncée par les ONG dont le Secours Catholique.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, le 22 avril, de lever l’ensemble des sanctions politiques et économiques imposées à la Birmanie depuis les années 1990, à l’exception de l’embargo sur les ventes d’armes.

Cette décision intervient alors que de graves violations des droits de l’homme ont cours dans le pays, notamment à l’encontre de la minorité rohingya, « la plus persécutée au monde » selon l’ONU.

La Birmanie, qui a longtemps fait partie des pays les plus fermés au monde, connaît depuis quelques mois une relative libéralisation : en 2011, la junte a en effet laissé la place à un pouvoir civil dirigé par l’un de ses anciens membres, et le nouveau gouvernement a engagé une série de réformes allant dans le sens d’une démocratisation du régime.

Prenant acte de ces avancées, l’Union européenne s’était décidée à suspendre, en avril 2012, les sanctions qui frappaient le pays. Mais en suspendant ses sanctions, l’UE précisait clairement les progrès attendus : la libération sans condition des prisonniers politiques, la fin des conflits armés dans l’État kachin, l’amélioration de l’accès à l’aide humanitaire et le réexamen du statut des Rohingyas.

Or, selon plusieurs ONG dont le Secours Catholique, aucune des conditions posées par l’UE n’a été respectée et la situation s’est même aggravée à certains égards. « La discrimination des Rohingyas s’est non seulement intensifiée mais a aussi mené à des actes tragiques de violence contre les communautés musulmanes du centre de la Birmanie. Dans l’État kachin où le conflit est largement alimenté par les tensions relatives à l’exploitation des minerais, l’armée birmane a lancé une offensive en décembre 2012 ciblant les populations civiles. Enfin, des centaines de prisonniers politiques sont toujours enfermés et la grande majorité de ceux qui ont été relâchés ont seulement été mis en liberté conditionnelle », notent les ONG dans un communiqué de presse (téléchargeable ci-dessous).

Elles demandent aujourd’hui à l’UE d’apporter son soutien à la mise en place de réformes durables en Birmanie ainsi qu’à l’instauration d’un État de droit.

 

Marina Bellot
© Yoann Maldonado/SC
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème