Climat : l’Église et les organisations catholiques appellent à se mobiliser

Publié le 11/12/2014
Pérou
 

À l’occasion de la 20ème conférence des Nations unies sur le climat à Lima du 1er au 12 décembre, l’Église et des organisations catholiques ont affirmé l’urgence d’agir contre les changements climatiques.

 

Plusieurs évêques du monde entier, dont Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, ont rencontré le 5 décembre à Lima des membres des délégations gouvernementales participant aux négociations sur le climat, qui se tiennent dans la capitale péruvienne depuis le 1er décembre. Le ministre de l’Environnement du Pérou et président de la COP, Manuel Pulgar Vidal, participait à cette rencontre, organisée par la Conférence épiscopale du Pérou (CEAS) avec le soutien de Caritas Internationalis et de l’alliance internationale d’organisations de développement catholiques CIDSE.

« Le changement climatique est aussi un problème éthique »

Cette rencontre avait pour but d’alerter les gouvernements quant aux conséquences des changements climatiques sur les personnes les plus pauvres et d’avancer quelques propositions. « A côté du problème technique et scientifique du changement climatique, il y un réel problème d’humanité, de justice et de solidarité. Le changement climatique comprend une question éthique. Ainsi, l’Église est non seulement compétente sur cette question mais elle a le devoir de défendre l’homme au sein de la création dans laquelle il est inscrit. Dieu a mis l’homme au cœur de la création pour la préserver. Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Pontier, a d’ailleurs défini, début novembre, cette question climatique comme une priorité pour l’année 2015 », affirme Mgr Marc Stenger, «  L’Église veut rappeler qu’il y a des victimes à l’évolution climatique, et que ce sont principalement les plus pauvres.  ».

« Les changements climatiques peuvent anéantir des décennies d’efforts dans le domaine du développement »

Caritas Internationalis, dont est membre le Secours Catholique et CIDSE ont appelé le 26 novembre les gouvernements à mettre les plus pauvres au centre des engagements pris en terme de lutte contre les changements climatiques.

«  Il est désormais établi que les changements climatiques peuvent anéantir des décennies d’efforts dans le domaine du développement » rappellent les deux organisations. «  L’une des causes structurelles de l’insécurité alimentaire, du manque de financement pour le développement et des flux migratoires – phénomènes contre lesquels lutte le Secours Catholique - est le dérèglement climatique », affirme Emilie Johann, responsable du pôle plaidoyer du Secours Catholique, qui devait participer à la conférence des Nations unies à Lima mais a été rapatriée en France plus tôt en raison d’un accident de voiture. «  Les mesures visant à combattre les changements climatiques sont indispensables pour éliminer la pauvreté, la faim et la malnutrition. Ainsi, ces deux processus sont très étroitement liés l’un à l’autre, et le succès de l’un dépend de celui de l’autre », assurent les organisations catholiques.

Elles proposent, entre autres, que l’accord en préparation à Lima et qui doit être signé à Paris l’année prochaine suscite « un changement significatif des modèles de production et de consommation.  » Elles appellent à des financements suffisants, à la fin du modèle basé sur l’extraction et à garantir la participation des groupes les plus vulnérables aux processus décisionnels. « Les choix politiques importants qui devront être faits dans les mois à venir pour relever le défi écologique peuvent offrir aux décideurs mondiaux une opportunité réelle de placer l’option préférentielle pour les pauvres au cœur de nos systèmes mondialisés. Cette opportunité doit être saisie, maintenant. »

 

Retrouvez la déclaration commune des évêques en français et en anglais

Clémence Véran-Richard
© Walter Prysthon/CCFD-terre solidaire
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