Coopérer pour mieux domicilier

Publié le 27/09/2016
France
Coopérer pour mieux domicilier
 

Le congrès de l'UNCCAS se tient les 29 et 30 septembre à Clermont-Ferrand. Il réunit les centres communaux ou intercommunaux d’action sociale (CCAS-CIAS). 2000 bénévoles du Secours Catholique sont élus au sein de ces structures, tandis que sur le terrain, des collaborations se développent. Ilustration en Ile-de-France, sur le sujet de la domiciliation.

La domiciliation permet à toute personne sans domicile stable de disposer d’une adresse où recevoir son courrier. Indispensable pour faire valoir ses droits et accéder aux prestations sociales, elle constitue une obligation légale pour les centres communaux d’action sociale (CCAS).

Ceux-ci ne peuvent la refuser à une personne qui en fait la demande, dès lors qu’elle justifie de son lien avec la commune. D’autres organismes domiciliataires sont agréés par l’État, dont le Secours Catholique. En mars 2014, ce dernier a publié une enquête révélant qu’en Île-de-France cette mission était négligée par les communes, 14 % d’entre elles reconnaissant n’effectuer aucune domiciliation.

Agir en complémentarité

L’entrée de bénévoles du Secours Catholique aux conseils d’administration de CCAS dans une centaine de villes franciliennes, à la suite des élections municipales de 2014, a permis de mobiliser autour de cet enjeu.

« L’idée, explique Marc Potelon, délégué régional Île-de-France du Secours Catholique, est de mener une action constructive au sein des CCAS, de proposer notre expertise pour trouver des solutions, en tenant compte du vécu des personnes et des contraintes – notamment budgétaires – des mairies. Il s’agit aussi de montrer comment le Secours Catholique peut agir en complémentarité. »

Outre cette action de plaidoyer au plan institutionnel, les équipes du Secours Catholique travaillent en partenariat avec les intervenants sociaux. C’est le cas à Versailles où, jusqu’en 2010, le Secours Catholique était le principal organisme domiciliataire. « C’était une tâche lourde, que nous ne pouvions continuer d’assumer seuls », témoigne Bernard Aumonier, responsable du service Accueil et accompagnement à l’accueil de jour. Secours Catholique et CCAS se sont rencontrés et ont confronté leurs besoins respectifs. Désormais, la commune prend en charge les nouvelles domiciliations, le Secours Catholique assurant le renouvellement d’une centaine de domiciliations.

Une réunion de coordination mensuelle est organisée, afin d’évoquer les situations préoccupantes. « C’est un partage d’informations utiles à l’accompagnement », souligne Annette Louessard, intervenante sociale au CCAS de Versailles. « Chacun apporte son regard, on trouve des solutions », ajoute Bernard Aumonier.

La collaboration est aussi de mise à Saint-Denis (93), où la demande de domiciliation est très forte. Le CCAS domicilie 3 750 personnes, le Secours Catholique environ 1 900 – celles qui ne peuvent justifier d’une attache avec la commune.

« Nous avons des contacts réguliers pour éviter les doublons et ne pas renvoyer les usagers d’un interlocuteur à l’autre », explique Béatrice Pillot, responsable du pôle social du CCAS de Saint-Denis. Un outil de coordination a été mis en place de part et d’autre : une fiche de liaison, qui suit chaque demandeur.

« Pour les situations complexes ou urgentes, nous appelons directement le CCAS – et réciproquement – afin de réfléchir ensemble à la solution la plus adaptée, précise Josiane Demariot, responsable de l’équipe locale du Secours Catholique de Saint-Denis. Nous avons un objectif commun : ne laisser personne sans adresse. En coopérant, nous sommes plus efficaces. »

Clarisse Briot
Crédits photos : © Lisa Marcelja/Maxppp
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