Crise alimentaire : le Secours Catholique soutient Caritas Mauritanie

Publié le 28/06/2012
Mauritanie
 

Le Secours Catholique appuie le projet de Caritas Mauritanie destiné à réduire la crise alimentaire qui touche les populations dans toute la zone sahélienne depuis le printemps.

La Mauritanie, pays sahélo-saharien, est structurellement vulnérable à l’insécurité alimentaire. En année normale, la Mauritanie dépend des importations pour les deux tiers de son approvisionnement céréalier. Les enquêtes de sécurité alimentaire réalisées depuis 2005 indiquent qu’environ 20 % des ménages ruraux sont en situation d’insécurité alimentaire chaque année, du fait de la faiblesse des revenus et de la fragilité des moyens d’existence. La production domestique suffit rarement à assurer l’auto-approvisionnement des ménages.

À l’instar d’autres pays du Sahel, l’hivernage 2011 se caractérise par une mauvaise répartition des pluies sur le plan spatial et temporel. Ce déséquilibre a engendré une faible croissance des pâturages et l’échec des cultures pluviales. La production céréalière brute s’établit à 116 000 tonnes, soit une baisse de 40 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Dépendance à 90 % des importations vivrières

Compte tenu de cette chute de la production, les besoins d’importation céréalière sont passés de 475 000 tonnes en 2010-2011 à 552 000 tonnes en 2011-2012 – soit une augmentation de 17 %. Alors qu’en 2010-2011, 73 % des besoins de consommation provenaient des importations, la Mauritanie dépend à 90 % des importations en 2011-2012.

En moyenne la production agricole de cette année a couvert au maximum deux mois de besoins alimentaires dans les zones de production, alors qu’habituellement la production céréalière permet de couvrir cinq à six mois de besoins. La situation la plus répandue est celle de ménages agricoles n’ayant rien récolté. Sur l’ensemble du milieu rural, plus de 80 % des ménages pratiquant les cultures pluviales (diéri) déclarent n’avoir rien récolté.

Vente massive de bétail

Pour ce qui concerne l’élevage, la faible pluviométrie de cette année entraîne également un déficit en eau d’abreuvement et en pâturages et oblige depuis quelques mois les éleveurs à vendre massivement leurs animaux pour ne pas les perdre, mais aussi pour pouvoir acheter les produits alimentaires dont les prix ont augmenté sur les marchés. Cela s’est traduit par un déséquilibre important de l’offre et de la demande sur le marché du bétail. Les prix des animaux se sont effondrés, entraînant une détérioration des termes de l’échange bétail-céréales et une baisse du pouvoir d’achat des agropasteurs.

13 % des ménages en insécurité alimentaire sévère

Nombreux sont les ménages qui, d’habitude en insécurité alimentaire modérée, ont basculé dans la forme sévère. Près de 13 % des ménages sont ainsi en insécurité alimentaire sévère. Ce taux représente une augmentation de plus de 50 % par rapport à la période de soudure 2011 et le niveau le plus élevé jamais atteint, même en période de soudure. La consommation des ménages en situation d’insécurité alimentaire se limite aux céréales, au sucre et à de l’huile (riz, huile, et bouillon culinaire à midi et bouillie sucrée le soir).

L’importante augmentation des taux d’insécurité alimentaire observée dès décembre 2011 en période post-récoltes est une conséquence de la combinaison de trois facteurs majeurs : la baisse de l’autoconsommation, à cause du déficit pluviométrique qui a réduit les récoltes et la valeur de la production des éleveurs ; la chute des revenus des ménages (revenus issus de l’agriculture, de l’élevage et d’autres activités rurales) ; la hausse des prix des céréales locales et des produits importés, qui entraîne une baisse du pouvoir d’achat des ménages ruraux et urbains et une réduction de l’accès à la nourriture alors même que les marchés restent globalement bien approvisionnés en produits importés.

Dans ce contexte précaire, il est nécessaire de pourvoir aux besoins immédiats des populations tout en renforçant la production agropastorale et en améliorant durablement les moyens de subsistance des zones rurales.

Le projet de Caritas Mauritanie affiche 3 objectifs

1. Améliorer la disponibilité et l’accessibilité en vivres pendant la période de soudure pour 800 ménages en situation d’insécurité alimentaire sévère.
2. Protéger et renforcer à court terme les moyens de production agropastorale de 4 000 ménages vulnérables des zones cibles.
3. Renforcer la résilience des zones et populations touchées par la crise (et assistées dans l’urgence).

On évalue à 9 100 ménages le nombre de bénéficiaires directs, parmi lesquels : 800 ménages très pauvres (pour l’accès à l’alimentation) ; 4 000 ménages (pour l’appui à la production agropastorale) ; plus de 4 300 ménages (pour les activités collectives ou communautaires visant au renforcement de la résilience). Les populations rurales des localités concernées par l’action seront à l’évidence des bénéficiaires indirects.

Le contenu des projets va de l’approvisionnement en produits alimentaires essentiels à prix subventionnés à la distribution de semences pour la nouvelle campagne agricole, en passant par la dotation de petits ruminants ou encore l’amélioration des aménagements hydro-agricoles ou la création de boutiques communautaires pour éviter la volatilité des prix sur les produits de première nécessité.

Le Secours Catholique a décidé de soutenir le projet de Caritas Mauritanie à hauteur de 200 000 euros, sur un montant total de 654 000 euros.

 

© Panapress/Maxppp
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