« Des Congolais s’engagent pour résoudre pacifiquement les conflits »

Publié le 10/07/2014
République démocratique du Congo
 

Une quarantaine de groupes armés seraient encore actifs au nord et au sud Kivu en dépit de la victoire militaire de l’armée régulière, en novembre 2013, sur la rébellion du M23. Est-ce exact ?

Je ne peux pas confirmer ou infirmer cela. En revanche, je peux témoigner que la violence perdure, même si le M23 a disparu. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), sont toujours présentes au nord Kivu et actives ! D’autres groupes d’hommes armés circulent, comme des bandits (ils veulent tirer profit des ressources minières de la région) et des soldats de l’armée régulière. Tous rançonnent les villageois !

En juin 2010, le Secours Catholique et d’autres organisations humanitaires demandaient aux autorités françaises d’intervenir auprès de l’Union européenne et des Nations unies « afin de contribuer à protéger les populations civiles », notamment. Où en est-on sur ce point au Kivu ?

Dans la zone de Masisi, au nord-ouest de Goma (nord Kivu), j’ai vu beaucoup de camps de personnes déplacées. Le gouvernement fait pression sur elles pour qu’elles regagnent leurs villages mais il essuie, en général, un refus car leurs maisons, souvent en partie détruites, sont inhabitables. Si des victimes des groupes d’hommes armés sont toujours “prisonnières” des camps, les réactions internationales, elles, changent.

Quand en novembre 2012 le M23 a pris Goma l’ONU a faiblement réagi. Mais, en 2013, l’Organisation onusienne est intervenue avec davantage d’énergie pour contraindre la rébellion à stopper ses raids dévastateurs. Actuellement, les Nations unies pressent le FDLR de déposer les armes. http://www.afrik.com/rdc-une-interv... .

Durant cette même campagne, les associations françaises demandaient aussi aux autorités européennes et internationales de « contribuer à renforcer les processus démocratiques et citoyens ».

Les commissions diocésaines Justice et Paix forment des para-juristes pour régler des litiges liés à la terre, à des querelles de voisinage, à des questions d’héritage… À cette fin, dans une paroisse près de Bukavu, capitale du Sud Kivu, 758 personnes ont acquis les connaissances juridiques indispensables. Une manière pour Justice et Paix de préparer la population aux élections locales prévues en 2016 (cf ce Message de la conférence épiscopale visant à « contribuer efficacement à la consolidation de la gouvernance démocratique »).

Par ailleurs, les “comités locaux de gouvernance participative” mis en place - des collectivités locales parallèles qui réunissent des membres de commissions paroissiales Justice et Paix et des citoyens impliqués dans la vie locale (enseignants, médecins…) – rencontrent un franc succès. Heureusement qu’ils sont là ! Des femmes rurales sans ressources s’y impliquent. Avec beaucoup de leurs compatriotes également membres de ces comités elles contribuent à résoudre pacifiquement un certain nombre de conflits.

Propos recueillis par Yves Casalis



© Elodie Perriot/Secours Catholique
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