Des producteurs de bananes aux revenus multipliés par six

Publié le 02/02/2016
Pérou
Des producteurs de bananes aux revenus multipliés par six
 

 Au Pérou, le Centre de recherche et de promotion des paysans (Cipca), partenaire du Secours Catholique-Caritas France, a convaincu des petits producteurs de bananes de s’engager dans un projet collectif plus rentable.

Le 3 janvier 2009, près de Piura, sur la côte, au nord du Pérou, Jorge Vilchez, agronome au Centre de recherche et de promotion des paysans (Cipca), partenaire du Secours Catholique-Caritas France, s’efforce de convaincre des petits producteurs de bananes, réunis au sein de l'association Aspraora, de s’engager dans un projet plus rentable. « Vous avancerez pas à pas, si vous avez la foi ! »

Le premier objectif :  obtenir le label "commerce équitable" qui atténue la vulnérabilité des petits producteurs en leur garantissant la stabilité du prix de vente des bananes, même si les prix internationaux baissent.

Pour cela, il faut repenser le fonctionnement de la gouvernance de l'association et améliorer les moyens de production : utiliser une machine d'emballage de bananes, améliorer le process de fermentation du cacao, diversifier les cultures.

Les paysans semblent tous, il est vrai, acculés dans une impasse. La surface cultivée couvre tout juste 16,75 hectares, l’organisation professionnelle laisse à désirer, chacun vend de son côté des bananes de médiocre qualité…

Le Cipca prend rapidement des mesures : les paysans bénéficient d’une formation poussée – techniques agricoles, gestion financière, commercialisation –, d’un soutien individuel par parcelle et l’organisation collective est renforcée. 

Au départ, seuls 17 membres de l’association sur 40 relèvent le défi. Les autres résistent d'abord au changement, par peur. Ils ne veulent pas essayer les nouvelles technologies.

Mais le “pas à pas” ensemble est en marche. Les familles investies vendent des bananes de “bonne facture” à des prix supérieurs à ceux pratiqués auparavant. L’association obtient en 2011 la certification “commerce équitable”.

Le projet compte maintenant 108 associés et une bananeraie de 129,40 hectares. Les revenus des paysans sont multipliés par six, les jeunes mieux fixés dans la région et des parents fiers d’envoyer leurs enfants à l’université, parfois même à Lima, la capitale.

« C’est un beau projet ! », constate Janina Dutois, du pôle Amérique latine du Secours Catholique.

 

Yves Casalis
Crédits photos :©Elodie Perriot /Secours Catholique
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