Dominique Fontaine : « Nous sommes invités à continuer les œuvres de Miséricorde »

Publié le 10/11/2016
France
 
Père dominique fontaine, aumÔNIER NATIONAL DU SECOURS CATHOLIQUE-CARITAS FRANCE

 

Le 20 novembre, le pape François clôturera l’année jubilaire en fermant la porte de la Miséricorde à St Pierre de Rome. À cette même date, le Secours Catholique-Caritas France célèbrera la journée nationale de ses 70 ans.

Cette heureuse coïncidence nous dit que nous sommes invités à continuer les œuvres de Miséricorde et à approfondir la Miséricorde du Christ, que nous découvrons en rencontrant les plus pauvres de nos sociétés.

Un mois avant Noël, rappelons nous que la crèche, symbole de miséricorde – des hommes et de la création qui se penchent sur  cet enfant né dans le dépouillement - est chère aux plus pauvres. Elle leur parle du sens de la vie, de la dimension spirituelle de l’existence, qui leur permet de tenir dans les épreuves de la vie, de retrouver le courage de vivre, d’aimer, voire de pardonner. Et de découvrir la joie de la rencontre dans la simplicité.

Parmi les membres du Secours Catholique qui vont rejoindre les personnes isolées au fond de nos campagnes, qui accompagnent ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois, qui soutiennent les familles et les enfants qui fuient la guerre et la violence, beaucoup disent combien ces rencontres les font grandir dans cette dimension spirituelle qui nous relie les uns aux autres. Quand notre société a tendance à marginaliser cette dimension spirituelle, les pauvres et les souffrants sont témoins qu’il faut d’urgence remettre la spiritualité au centre de la vie sociale.

 

Commentaire d'Évangile : "le bon Larron"

Les groupes du Secours Catholique-Caritas France, partagent régulièrement autour des textes de l'Évangile. Femmes et hommes de toutes religions (ou sans) profitent du texte biblique pour se découvrir et constuire une fraternité et une spiritualité commune. L'Évangile du "bon larron" est l'expression de la miséricorde absolue de Jésus Christ.

 


Le bon larron
Évangile selon saint Luc 23, 35-43

Les chefs tournaient Jésus en dérision : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

 

Il est transformé par sa rencontre avec Jésus

 

« La grande miséricorde de Jésus »

Par Agnès, Claire, Denise, Fanny, Fernande, Marthe, Mireille, Raymonde, Fernandina, Séverine, Yvonne et Brigitte du groupe “Semeurs de lumière” de la délégation du Secours Catholique de Haute-Savoie

 

« Les soldats auraient mieux fait de ne rien lui offrir plutôt que du vinaigre ! Ils ont tout fait pour lui faire du mal. Nous aussi on a du vinaigre en nous. On ne le sent pas dans la bouche mais dans le cœur. »

« Il demande au Christ de se sauver tout seul ! Or il n’a jamais rien fait tout seul, il est toujours avec le Père. Dans notre groupe on ne vient pas pour se sauver soi-même. Ce sont les autres qui nous aident à avancer. »

« Parfois on a du mal à pardonner, on se sent agressé. Et lui, avec tout ce qu’il a souffert, il continue à aimer tout le monde comme si de rien n’était. La grande miséricorde de Jésus me parle, son pardon... » 

« Je comprends celui qui est en révolte. Moi aussi, j’ai eu des révoltes ! Le jour où on prend conscience, comme le fils prodigue, la miséricorde de Dieu est là qui nous relève. »

« Ils ont rigolé, ils ont fait de la propagande jusqu’à la fin ; il était nu et tout ensanglanté. Nous on n’a jamais été jusque-là, même si on est malheureux. Jésus a souffert bien plus. Quand quelqu’un nous dit un mot de travers, on se sent tout de suite touché et attaqué : pourquoi il me parle comme ça ? »

« Le pardon, ce n’est pas notre fort, on dit qu’on pardonne mais ce n’est pas profond, on reste avec des arrière-pensées. »

« Jésus est l’homme le plus humble de la terre ; il s’est dit : il faut que j’aille jusqu’au bout pour les sauver ! Dans ma vie, j’essaie de cultiver cette humilité que je n’arrive pas à avoir. »

« Je suis touchée par ce malfaiteur qui vire de bord juste avant de mourir, il est transformé par sa rencontre avec Jésus. Ne condamnons pas trop vite les personnes, même les plus mauvaises. On ne sait jamais ce qui peut se passer dans la tête. Seul Dieu connaît le cœur de l’homme. »

« Je suis marquée par le “aujourd’hui” : je te prends, tu as pris conscience, tu as osé prendre la parole, tu es avec moi dans le paradis. Nous aussi, on peut être dans son paradis si on sait reconnaître nos faiblesses. La miséricorde vient de Jésus, pas de nous. Même Jésus s’en remet à son Père. On attend le pardon des autres, l’essentiel c’est le pardon de Dieu. »

Crédit Photos : © Elodie Perriot / Secours Catholique-Caritas France
Procession de Lourdes
Plus d'informations
Spiritualité
# sur le même thème