Droit d’asile : le Cèdre accompagne les migrants

Publié le 23/07/2015
Paris
Au Cèdre à Paris
Remise de diplôme des apprenants en FLE après 6 mois de cours au Cèdre à Paris.
 

Comme tous les mercredi soirs depuis deux mois et demi, les bénévoles du Cèdre proposent des temps d’échanges collectifs et un soutien moral aux migrants installés quai d’Austerlitz à Paris. Mais la mission du Centre d’Entraide pour les Demandeurs d’Asile et les Réfugiés se prolonge au-delà du terrain.

Alice Bougenot, la directrice adjointe du Centre d’Entraide pour les Demandeurs d’Asile et les Réfugiés, plus communément appelé le Cèdre, enfile sa veste estampillée « Secours Catholique ». Elle s’apprête à aller saluer les nombreux migrants vivant de part et d’autre du pont Charles de Gaulle (Paris), réparties entre quatre campements. 

Au détour d’une rangée de tentes, elle croise quelques autres militants associatifs ou simples particuliers venus donner un coup de main ou un cours de langue. 

Ce soir, une réunion est organisée avec les associations France Terre d’Asile et Emmaüs pour échanger sur leurs préoccupations. Profitant de la présence de l’interprète du Secours Catholique, les réfugiés pourront échanger plus facilement avec les intervenants des organisations mais aussi entre eux. « Même si la plupart ont des notions d’anglais, c’est plus facile pour eux de comprendre et de s’exprimer dans leur langue natale », explique Ramez Sabah, l’interprète.

Travailler avec un interprête permet d’établir un lien plus fort, et évidemment de ne pas laisser de côté ceux qui ne sont pas anglophones. 

 

« À Austerlitz, ils n’attendent que l’évacuation »

Chaque semaine, l’ordre du jour de la prochaine rencontre est décidé conjointement, par les membres du Cèdre et les migrants. Les mêmes problématiques reviennent souvent. En premier lieu : l’hébergement. Depuis les évacuations des camps de La Chapelle et de la Halle Pajol, les exilés du pont Charles de Gaulle attendent leur tour, espérant une solution de relogement plus convenable. Plusieurs dates ont circulé : « L’évacuation c’est demain, personne ne bouge », prévenait-on la semaine dernière. Mais ce n’était que des rumeurs, ravivant le stress ambiant. 

 


Autre principale préoccupation : l’asile. Les migrants restent suspendus à l’avancée des procédures qu’ils engagent à la préfecture, guettant l’arrivée des courriers administratifs qu’ils reçoivent au compte goutte. L’un d’entre eux aborde une bénévole, un courrier à la main. Il est un peu paniqué. Elle « décrypte » pour lui ces quelques lignes qui, en fait, indiquent qu’il faut attendre un prochain courrier. 

Face à cette situation d’attente et d’incertitude, vécue difficilement, « notre rôle quand on vient sur place est surtout informatif, précise Alice. Nous essayons de diffuser une information claire en partant de leurs questionnements. »

 

Garder le moral

Dans un autre coin du campement, une partie de Bomboléo est en train de s’organiser. Un groupe se forme autour des joueurs. Des sourires éclairent les visages fatigués. Ces moments de détente et de partage avec les bénévoles sont essentiels pour soutenir le moral des troupes, atténuant un peu le sentiment d’abandon qui prévaut chez les réfugiés.

Ces échanges et ces instants de convivialité sont aussi un bon moyen d’établir un premier contact. Une fois la confiance installée, les bénévoles du Cèdre invitent les migrants à venir poursuivre les réunions dans leurs locaux, situés dans le 19e arrondissement. 

On essaye de donner un bon niveau d’information sur le terrain, mais les récits de vie et le suivi des démarches administratives nécessitent davantage de confidentialité.

Alice Bougenot, directrice adjointe du Cèdre

Chaque année, le Cèdre accueille ainsi près de 2600 personnes. L’équipe de salariés et de bénévoles les guide à travers le labyrinthe des démarches administratives, juridiques et sociales. Elles peuvent bénéficier de l’aide de spécialistes du droit d’asile, et ce dans de nombreuses langues (anglais, russe, arabe, bengali, ...). 

Parce que ces personnes sont souvent isolées ou traumatisées, la création de liens sociaux et l’aide à l’intégration à la culture française sont une partie essentielle de la mission du Cèdre. Cela commence par l’initiation à la langue française, bien sûr, mais s’étend à divers ateliers (jeux, peintures, dessins, …) et à des groupes de discussion ou de mobilisation citoyenne.

Adèle Martignon
Crédits photos : ©Élodie Perriot/Secours Catholique et ©Adèle Martignon
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